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Clint Eastwood disait de John Ford dans le documentaire de Peter Bogdanovich, Réalisé par John Ford: "John Ford peut avoir l'air d'un rustre mal luné mais ce n'est qu'une facette. C'est un peintre, un peintre très doué et ses films sont toujours très spirituels".

La spiritualité de John Ford semble s'affirmer dans ce film. Trois bandits partent en cavale après avoir braqué une banque dans une première partie qui, bien que correctement réalisée, soit peu intéressante ni originale et en dessous des compétences de réalisation de John Ford.
Dans leur fuite, le trio rencontrera une veuve mourante sur le point d'accoucher qui les supplient de prendre son nouveau-né en charge et en lisant la Bible, ils décident d'emmener le rejeton à la nouvelle Jérusalem.

Outre les nombreuses références bibliques très explicites, le trio sera amené dans un voyage spirituel où ils devront braver la soif, la chaleur, la fatigue pour amener le laideron à leur destination.
C'est donc un énième film de John Ford centré sur l'homme et sur tout ce qu'il y a de bon en lui.
La charité chrétienne dont font preuve les trois bandits en acceptant par pure bonté de s'occuper du bébé va les mener dans ce périple qui va les aider à dépasser leur nature de simple criminel en réveillant ce qu'il y a de meilleur en eux : leur courage, leur solidarité, leur ténacité ...La relation entre les trois membres du trio qui est très bien traitée. Chaque personnage a son propre caractère ainsi que les quelques touches d'humour burlesque qui s'intègrent parfaitement au récit permettent de donner de l'épaisseur, du charme aux personnages et de souder encore plus l'amitié qui les unis.

Il faut féliciter la sublime photographie du film qui donne naissance à des plans très forts qui permettent d'appuyer l'état et les émotions des personnages.
Par exemple cette tempête de sable dans la première moitié du film où les personnages semblent écrasés sous la bourrasque ou plus communément des plans où les personnages sont enfermés dans ce désert trop large dont ils semblent ne pas pouvoir sortir.
Vers la fin de ce voyage, Robert se retrouve seul au-dessus d'une montagne face au désert de sel, où est mort son compagnon William, qu'il ne regarde pas. Ce sublime plan permet au spectateur de mieux réaliser toute l'ampleur du chemin parcouru en montrer ce sublime désert qui semble infini.

De ce voyage, seul le personnage de John Wayne, Robert, ressortira vivant perdant néanmoins tout ce qu'il avait: ces deux compères, toutes ses affaires, son
butin pour en ressortir intérieurement grandi après avoir réussi à honorer la promesse qu'il avait faite à la mère du bébé.
Finalement, grâce à cet enfant, Robert écope seulement d'une année de prison et sympathise avec le shérif qui s'était pourtant promis de le tuer. Les villageois ayant compris ce qu'il avait fait, le laissent partir en prison sans haine et en le prenant d'admiration. Le film s'achève donc sur Robert qui part en train sous les chants et les derniers remerciements des villageois.

De manière très simple, John Ford fait ici une ode au christianisme et à la bonté de l'être humain, certes mineure dans sa filmographie. Un film très contemplatif et sans aucune scène d'action qui nous rappelle la beauté simple, noble et originelle du western.

Axel_Cadin
8
Écrit par

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