Baragouineur professionnel

Avis sur Le Flic de Beverly Hills 2

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Suite à l’énorme succès du premier opus, il était évident qu’une suite du Flic de Beverly Hills allait voir le jour. C’est donc en toute logique que débarque trois ans après, en 1987, Le Flic de Beverly Hills 2. Pour tout vous avouer, il s’agit ici de mon opus préféré. Non pas que je le trouve meilleur que le premier, mais je lui voue une très grande affection car c’est celui que j’ai le plus vu durant ma tendre jeunesse. Et comme beaucoup de films des années 80 que j’ai vu 10, 20, peut-être 30 fois, je n’arrive à le voir qu’en VF (bouh, sacrilège !). Bref. La recette va être ici la même, à quelques détails près, et on se replonge toujours avec autant de plaisir dans les aventures parfois rocambolesques de ce très cher Axel Foley, toujours interprété par un Eddie Murphy au sommet de son art, venu de nouveau mettre le boxon chez ces coincés du derche de Beverly Hills avec son bagout exceptionnel. Du fun en barres ! Un film qui donne la patate !

Pour ce 2ème opus, c’est Tony Scott, tout juste auréolé de son succès avec Top Gun, qui reprend les commandes après Martin Brest pour le premier opus. Pour les plus jeunes qui ne connaitraient pas le bonhomme, c’est le monsieur derrière des films tels que Top Gun, mais également Jours de Tonnerre, Les Prédateurs, True Romance, Le Dernier Samaritain, USS Alabama, Le Fan ou encore Man on Fire. Du bon gros lourd en matière de divertissement made in USA qui s’est malheureusement perdu dans les années 2000 avec une mise en scène trop clipesque (OMFG, faut pas être épileptique pour regarder son Domino). Le budget alloué sera de 28M$US et tout comme le premier film, le succès sera au rendez-vous puisque lors de son exploitation en salles, Le Flic de Beverly Hills 2 a engrangé la bagatelle de 300M$US à travers le monde. C’est certes moins que le premier, qui lui rapporte 316M$US, mais tout de même ! Eddie Murphy reprend donc son personnage de baragouineur cabotineur pour notre plus grand plaisir, avec ses méthodes bien à lui (basées sur le fait de raconter n’importe quoi avec un débit de parole très élevé) pour arriver à ses fins. Il retourne donc à Beverly Hills ce coup-ci pour une essayer d’arrêter un gang de braqueurs qui semblent s’en être pris au capitaine Bogomil avec qui il entretient de très bonnes relations. Il va de nouveau faire équipe avec Billy, qui semble avoir pris bien plus d’assurance depuis qu’il a côtoyé Axel, devenant même un peu tête brulée, ainsi que Taggart, bien plus fataliste depuis que sa femme l’a quitté. Face à eux, un grand méchant très très méchant avec sa tête de méchant en la présence de Jürgen Prochnow (Dune, Twin Peaks, L’Antre de la Folie) ; l’atout charme du film avec Brigitte Nielsen (ex madame Stallone) et ses jambes interminables ; et un chef de la Police insupportable, Allen Garfield (The Majestic, La 9ème Porte), qui nous a malheureusement quitté cette année à l’âge de 80 ans.

Même si on pourra reprocher au film d’être un peu long à démarrer, Le Flic de Beverly Hills 2 est une machine parfaitement huilée pour divertir le spectateur. Le scénario est au final simpliste, dans le sens où le film est relativement linéaire mais qu’importe, c’est le fun qui av primer. Et on peut faire confiance à Tony Scott pour y aller plus dans le spectaculaire. Nous sommes ici dans un film bien plus décomplexé sur le premier volet. La mise en scène de Scott est très carrée, bien stylisée. C’est bourré d’action et une fois que le film est lancé, c’est très bien rythmé. On va enchainer gags, répliques improbables, et scènes d’action énormes. La course poursuite avec le camion-citerne est un monument de destruction massive. Les braquages sont assez impressionnants. Tony Scott envoie la sauce et clairement, la réalisation a bien plus de panache que le premier film. Le final est d’ailleurs excellent et semble inspiré du Syndicat du Crime de John Woo sorti un an avant. En effet, le personnage de Billy enfile un long manteau noir façon Chow Yun Fat, un flingue dans chaque main et canarde à tout va. Ça a un côté assez jouissif. Le personnage de Billy est d’ailleurs un peu plus approfondi, on le retrouvera d’ailleurs dans le troisième film, contrairement à celui de Taggart qui semble ici un peu en retrait. Mais quoi qu’il en soit, leur trio est savoureux et Tony Scott arrive à exploiter encore mieux le personnage d’Axel Foley qui est vraiment le rôle le plus marquant de Eddy Murphy. Certains le trouveront sans doute insupportable, mais il faut avouer que ses tirades sont souvent géniales. Certaines répliques sont complètement cultes : « 7 dollars, service compris, pour un coca ? Mais j’me fais tailler une pipe pour 7 dollars ! », « Les flics, c’est comme les cochons, ça sent de loin ! » ou encore « Est-ce que les freins marchent ? Je ne sais pas, j’ai pas encore essayé ». Bien évidemment, l’effet de surprise du premier film n’est pas présent ici et clairement, ce deuxième opus manque d’originalité. Mais il faut avouer que dans le genre « suite réussie », Le Flic de Beverly Hills 2 s’impose là.

Plus axé comédie que le premier film mais possédant néanmoins des scènes d’action qui défouraillent, Le Flic de Beverly Hills 2 est un excellent divertissement typiquement 80’s. A moins d’être allergique au gros débit de paroles d’Eddy Murphy, vous pouvez foncer les yeux fermés.

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