Le grand flou

Avis sur Le Grand Bleu

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On ne va pas tourner autour du pot, je n'ai pas aimé. Expérience particulière de visionnage, en deux temps, la première demi-heure, puis Gone Girl au ciné, et le reste en rentrant. Evidemment, comme j'ai adoré Gone Girl, ça n'a pas aidé. Même mon taux d'alcoolémie relativement élevé n'a pas aidé, c'est dire. Et pourtant, rarement un film aura suscité autant de discussions en ce qui me concerne. Car il faut dire que je l'ai vu avec une amie, qui en avait un assez bon souvenir (presque émerveillé), et qui avait envie de le revoir. Je ne l'avais jamais vu quant à moi, et j'étais restée sur une impression de ma mère (discussion en substance : "Oh tiens, y a le Grand Bleu à la télé ce soir !" -"C'est nul à crever." -"Ok...") La musique est un grand classique, et après une tentative d'imitation des dauphins assez ratée dans l'ensemble, je décide de me laisser porter par le noir et blanc des premières scènes qui sont, pour le coup, plutôt réussies. Les deux acteurs qui jouent les personnages enfants sont très crédibles. La Grèce donne une terrible envie de vacances.

Et on passe au reste. Malheureusement. Je sais que c'était la fin des années 80, mais autant de kitsch dans un seul et même film, ça ne devrait pas être possible. Rosanna Arquette, que j'ai renommée Barbie Hipster pour l'occasion, n'a déjà pas énormément de talent, mais en plus, quand on la voit arriver avec ses épaulettes démesurées, ses talons hauts (super pratiques pour voyager !) et ses bagages improbables, on atteint le summum du ridicule. Mais à ce point là, on a encore un peu envie de l'apprécier. Envie purement annihilée par la suite, parce qu'elle est tout simplement insipide. Elle n'a aucun intérêt. Pourtant, on aurait tellement voulu qu'elle soit attachante, comme la copine actrice de Jean Reno quand elles discutent ensemble !
Mais je crois que j'ai eu un problème de compréhension de la psychologie des personnages (d'où les nombreuses discussions qui en ont découlé). J'ai vraiment loupé un truc. Avec Jacques surtout. Sans rire, c'est le pire personnage que j'aie jamais vu. Je ne sais pas si l'acteur était mauvais, ou si c'est vraiment le rendu qui était souhaité par le réalisateur (Luc Besson, pas un gage de qualité), mais je trouve que c'est une catastrophe. On a envie de le secouer un peu. C'est vraiment un poisson, il ne fait rien, il n'aime rien (quoiqu'il "croie" aimer Rosanna à un moment), il nage et il ne parle pas. Et pire, pendant la première scène d'amour, il se transforme carrément en étoile de mer. Rosanna est déchaînée, et lui, il mate... le plafond. Il est vraiment trop enfoncé dans son propre délire pour être intéressant.
J'irais presque jusqu'à dire qu'on aurait pu se passer de l'histoire d'amour. On aurait évité plein de scènes ridicules, genre Rosanna au Pérou, Rosanna et sa coloc dégénérée, Rosanna veut un enfant mais on s'en contrefout (oui, je suis cruelle), Rosanna fait un enfant dans le dos de son mec, et surtout, surtout la scène de leur pseudo "coup de foudre".
Car il faut le dire, la façon de filmer pourrait constituer un documentaire sur le kitsch. L'espèce de ralenti, la caméra en contre-plongée... Oh, j'ai ri, je n'ai pas pu m'en empêcher. Après on a droit à des heures et des heures de nage avec les dauphins, limites zoophiles (à ma décharge, j'étais ivre quand j'ai émis ce dernier commentaire). Et sinon, on a Rosanna qui se plaint. Tout le temps. Et c'était long, parce que j'ai chopé la version longue évidemment.
Jean Reno tire légèrement son épingle du jeu dans tout ça. Il est un peu caricatural, mais pas autant que sa mère, et au moins, il est vivant ! Il bouge et parle (un peu trop c'est vrai), il n'est pas là en train d'attendre que ça se passe comme l'autre. Les seule scènes que j'ai bien aimées sont avec son personnage, notamment celle où ils prennent un verre au fond de la piscine.

Pourtant, j'aime bien les films contemplatifs d'habitude. Mais toute cette ambiance fin des années 80 début des années 90, ça m'a stoppée net, et ce malgré les réminiscences d'une passion absurde pour les dauphins quand j'avais 8 ans. Je l'ai vu trop tard sans doute. Je n'ai pas adhéré à toute cette mise en scène grotesque, aux moments tragiques, et encore moins aux moments comiques : sérieusement, la scène où ils prennent de l'hélium ? Je suis restée perplexe. Quitte à être déroutée, je préfère en rester à David Fincher, que je remercie personnellement pour l'intermède de cette session ciné.

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