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Le Grand Méchant Loup par Orian Gissler

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Rappel du concept du blog: via le résumé Wikipédia puis mon analyse en 666 mots, pas un de plus, pas un de moins (en tout cas d'après le compteur Word), je vous donne envie, ou non, d'aller voir le film que j'ai vu la veille au soir, au cinéma ou à la télévision.

Nouveau concept : LA DOUBLE SEANCE

Lorsque j’irai voir deux films au cinéma le même jour, je vous proposerai un affrontement critique entre les deux pour vous aiguiller dans votre choix pour aller voir l’un des deux. De ce fait, l’analyse ne dure pas 666 mais 999 mots.

Aujourd'hui, 15 juillet 2013, vus au cinéma vendredi soir

Le grand méchant loup

Comédie dramatique française sortie en 2013

Résumé Wikipédia :

Il était une fois trois frères, Henri, Philippe et Louis, qui vivaient heureux… Mais, un jour leur maman a un accident. Ces quadragénaires versaillais sans histoires se mettent alors à se questionner sur le sens de leur vie…

VS

Monstres academy

Film d’animation Pixar sorti en 2013

Résumé Wikipédia :

Sully et Bob se rencontrent à l'Université de la peur (University of Fear). D'abord rivaux, ils deviennent amis...

Les anglophiles trouveront un peu plus de matériel pour le résumé du film ci-après : https://en.wikipedia.org/wiki/Monsters_University

L’analyse de votre serviteur :

Entre une suite et une adaptation, l’originalité et la capacité à se démarquer de l’original est à mon sens le meilleur juge de paix. Seulement voilà, le Grand méchant loup s’éloigne tellement du conte original, qu’à part le titre du film et le fait que les trois acteurs principaux habitent dans des maisons respectivement de briques, de bois et de paille, on ne saurait y reconnaître une quelconque mise en exergue des originaux qui, si je me souviens pas, ne se tapaient pas tout ce qui bougeait.

Là où l’on a déjà eu maille à partir avec la plupart des personnages de Monstres Academy, on découvre donc totalement le bestiaire du « Loup » (oui, le loup, car si je dois écrire Grand méchant loup à chaque fois, je vais perdre trop de mots… oui, j’en ai perdu autant à faire cette digression, je sais) : un loup ultra sexy, trois petits cochons dont la queue, à défaut d’être en tire-bouchon, est bien active, et… c’est tout ! En même temps, dans mes souvenirs d’enfance, le conte des trois petits cochons était bien simplet, donc il est normal de l’étoffer un peu, avec des cochonnes de service un peu partout, et des petits bouts de lard amicaux pour faire bonne mesure. Et ce bestiaire d’être ma foi fort sympathique. Il y a une vraie richesse chez les personnages du Loup, qui sont en peu de minutes mieux présentés que la plupart des personnages principaux de comédies françaises. On se découvre ainsi curieux de maîtriser les interactions entre les différents personnages, se surprenant à tenter d’anticiper le prochain rebondissement, ce qui est un excellent signe, le signe que l’on boit directement au calice qu’accepte de nous tendre le réalisateur.

Malgré tout leur talent, Poelvoorde, Testot et Merad, font-ils le poids face à deux poids lourds de l’animation, James Sullivan (Jacques Sullivan en VF !) et Michael Wazowski (encore mieux, Bob Razowki en VF !!!! Mais pourquoi ? SI QUELQU’UN A UNE IDEE, DITES-MOI??????) ? J’ai bien peur que la réponse soit non, parce que Monstres Academy, s’il reste inférieur à son prédécesseur Monster Inc. qui est LA référence du film d’animation pour beaucoup, est tout de même un grand film d’animation. Je parlais, totalement par hasard, des erreurs de Rebelle, la semaine dernière. Monstres Academy ne tombe dans aucune d’entre elles : l’humour est bien dosé entre les personnages, les intrigues sont dynamiques et intéressantes, et surtout difficiles à anticiper, ce qui fait que l’élément de surprise donne beaucoup de cachet à l’histoire.

A ceci près qu’en termes d’intrigue, Le Loup n’est pas en reste. Il utilise savamment le labyrinthe de relations entre les personnages, de flashbacks momentanées et d’ellipses temporelles pour nous balancer sans aucun complexe d’un mur à l’autre, sans nous laisser le temps de nous relever du crochet précédent. On est surpris de cette trame, de la justesse qu’elle dégage et des surprises qu’elle recèle. On est étonnés du développement donné à une intrigue qui semblait peu porteuse au départ, d’un croisement inattendu, on se croirait presque dans le dernier Marc Levy.

Du point de vue histoire et intrigue, c’est donc le mano à mano parfait entre deux productions qui ont fait ce qu’il fallait pour sortir de la masse, en s’entourant de gens talentueux. A ce stade, nous devons donc quitter le vocabulaire technique et retrouver notre âme de spectateur passionné pour réussir à distinguer deux films de qualité très proche et très élevée.

Force est de constater que Monstres Academy dégage beaucoup plus de sentiments que ce Loup, qui, bien que très juste sur le fond et la forme, avec un trio d’acteurs au sommet de son art, nous conte l’histoire de trois frères qui ne nous feront pas rêver en eux-mêmes, tandis que le magie qui se dégage de l’université des monstres laisse sans voix pour peu qu’on sache l’apprécier : krakens géants, mille-pattes dragon, chauve-souris amicale, sont quelques créatures parmi les dizaines qui peuplent l’académie. Les décors sont grandioses, beaucoup plus qu’une cahute en paille en banlieue parisienne. L’académie est un terrain de jeu animé qui n’a que peu d’égal. Et surtout, détail qui m’a charmé, les versions locales ont été adaptées pour le pays où elles sont distribuées. Ici, les bâtiments ont donc des noms français, par exemple. C’est un détail, mais l’attention aux multitudes de détails est souvent le gage de qualité qui fait la différence.

Et puis je dois avouer que j’avais envie de revoir Sully et Bob, qui m’avaient clairement quitté trop tôt, adolescent, et je dois saluer le courage qu’il faut, malgré le côté mercantile évident, pour pondre une suivre à un tel monstre sacré, qui plus est une suite se passant auparavant. La boucle est bouclée, le pari est réussi. Le pari du Loup l’est également. Il est bel et bien rentré dans la bergerie. L’émotion est aux rendez-vous, pleurez bergères ! Enfin pleurez, celles qui gardent les cochons !

Le choix : Cette séance du vendredi soir fut une excellente cuvée et il m’est difficile de ne pas placer en première position un des meilleurs films français de l’année, mais je vais pourtant le faire. La palme de l’originalité revient à Monstres Academy. J’ai beaucoup trop apprécié la finesse des détails, de l’animation, des références (même si j’avais parfois l’impression de voir un remake, Harry Potter chez les monstres), de l’attention portée à l’humour pour ne pas vous recommander à tout prix d’aller voir les aventures de Sully et Bob, en particulier si vous les aviez déjà côtoyés il y a 12 ans, et sinon ce sera peut-être l’occasion de vous faire de nouveaux amis bien sur eux.

Le critère : L’extravagance d’un film d’animation qui peut tout se permettre contre la justesse d’une production française résolument ancrée dans notre réalité quotidienne. Le pari de l’émotion contre le pari du rêve. En tout cas dans les deux cas, le rire fut au rendez-vous, donc pas de soucis de ce côté-ci quel que soit votre choix final.

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