♫ Tolkien’ Bout a Revolution ♫

Avis sur Le Hobbit : La Bataille des Cinq Armées

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[SPOILER ALERT/ALERTE GACHAGE]

Suite et fin des aventures de Bilbo en Terre du Milieu. Après "Un voyage inattendu", plutôt attendu et convenu justement, et une "Désolation de Smaug" plus surprenante, de par la présence du fameux dragon, sous une forme étincelante il faut bien le dire, il décombe – et incombe (et Fondcombe ?) à la "La Bataille des Cinq Armées" de conclure la nouvelle trilogie en beauté. Qu’en est-il donc, après cette séance où 3D et VO étaient de la partie ?

♫ AAALFRID, RAH ! ELFIQUE, C’EST CHIC ! ♫
Le constat est plutôt mitigé, à l’issue des 2h25 de film. Le spectateur en quête d’action ressort contenté, celui qui espérait un effort de narration et de cohérence tout en profitant de l’epicness d’une guerre totale repart l’Hobbit sous le bras. L’affrontement ultime promis par Jackson lors du cliffhanger de fin du deuxième volet est expédié en 15 minutes chrono. En consolation, Bard est badass et héroïque à souhait, c’est toujours ça de pris. Alfrid est agaçant au possible, on imagine qu’il est là pour détendre l’atmosphère, pour ma part il aura surtout plombé une partie du film avec ses apparitions tout sauf drôles, et sa synophridie (les griffes de la nuit) de l’espace.

Puis vient la réunion du troisième âge, comme un cheveu dans la soupe. Tout le monde est là en même temps, on ne sait pas pourquoi ni comment. Gandalf à bout de forces, Galadriel est vénère, en mode "touche pas à mon pote" (sans le look d’Hanouna, heureusement), Saroumane est en mode "Ninja Gaiden" et Elrond se la joue "Conan". Le temps ne les a pas épargnés et cela se voit un peu quand même. On se retrouve devant un fight improbable, si je n’avais pas autant de respect pour ces acteurs, je parlerais volontiers de "Nazgûls contre Nases Gueules". On a même droit à des effets stroboscopiques dignes d’un nanar des 80’s plombant une scène d’action avec les spectres. Réminiscences de la filmographie passée de Peter ? Toujours est-il que ce genre d’effet bien cheap est indigne d’une adaptation de Tolkien, j’ai eu mal aux yeux, et cette fois ce n’est pas à cause de la 3D. Du fan service qui se transforme rapidement en "fan sévice".

EVIL BILBO
En guise de placebo, on notera la poursuite d’une romance en mousse Tauriel/Kili avec Legolas en teneur de chandelle énervé adepte de la lévitation, un étirement à l’infini des scènes d’action (qui reprennent une fois encore un million d’idées au jeu vidéo), mais pas uniquement, à l’instar de la scène de la pipe entre Gandalf et Bilbo. Bon, je vous sens effrayés là, mais il n’y a rien de sexuel. Je lance l’idée d’ailleurs : à quand une version XXX avec Dildo en nain poilu et plombier ? M’enfin, je m’égare. Tout ceci a posé à mes yeux un véritable problème de rythme. En étant optimistes on peut raisonnablement imaginer que ce défaut sera résolu avec la version longue, qui contiendra les véritables éléments d’intrigue…

En vrac, la psychologie de Thorin est expédiée, aucune nuance, aucune évolution, il faut accepter le postulat de base, à savoir qu’il a attrapé la fameuse malédiction. Point. Les béliers/chèvres qui sortent de nulle part lors de l’assaut de nos héros de petite taille : une nain-posture ! Les effets visuels avec l’or d’Erebor, tout comme dans le 2 d’ailleurs. Des infographistes sans doute repêchés chez Davilex. Les mange-terre inutiles dans l’action : ils sont présentés en grande pompe puis pouf, plus rien. D’ailleurs j’attends toujours l’apparition de l’Epice et des Harkonnen ! Un combat sur glace bien fait avant le pétage de durite de Peter Jackson à la sauce "coucou je suis toujours aussi moche mais j’ai même pas froid et puis je jaillis de la glace on sait pas trop comment". Le coup des 5 armées, jamais clairement explicité : cinq armées, ou bien quatre + une deuxième vague de la quatrième ? Je n’ai pas lu les bouquins, je ne sais pas si c’est plus clair lorsque c’est conté par Tolkien, je l’espère en tout cas.

♫ BOYD DON’T CRY ♫
Sur le plan des acteurs, mention spéciale à Martin Freeman, Ian McKellen, Luke Evans et Lee Pace (et son caribou géant !), les autres étant plus là pour la figuration. Les séquences tire-larmes se succèdent, mais à un moment donné, place à l’action et aux héros, car je suis certain que comme moi, les minables t’irritent ! Manquerait plus que George Clooney, à qui Jackson aurait proposé le rôle de Thranduil, et auquel l’amateur de café aurait simplement répondu : "what elves ?".

Malgré tout, je suis resté stoïque durant tout le film, malgré la mort de certains personnages que j’appréciais, malgré la débauche d’action souvent réussie, malgré les costumes toujours aussi classieux, malgré la 3D et sa belle profondeur (et le mal de tête qui s’ensuivit), malgré certains décors magnifiques (ceux sans abus de numérique en somme). Tout ceci ne m’aura pas ôté cette impression d’être par moments devant une sorte de gigantesque démo 3D Mark édition Warcraft. Un mot concernant la musique…ah ! On me signale à l’oreillette qu’il y avait bel et bien une bande originale ! Blague à part, le morceau clôturant le film est franchement sympathique.

Finalement, ce dernier opus de la trilogie du Hobbit fut une déception. Si le fan a fait le déplacement pour la Montagne Solitaire, il aura surtout eu droit au grand moment de solitude en montagne de la part de Peter Jackson, numérique et incohérences en prime. Avec "La Bataille des Cinq Armées", le papa d’une trilogie du SDA autrement plus enthousiasmante nous sert un divertissement tellement gras et sirupeux en son Milieu qu’il dégouline sur l’Erebor.

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