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Avis sur Le Hussard sur le toit

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Adapté du livre éponyme de Jean Giono, Un hussard sur le toit raconte la fuite d'un jeune hussard italien pour aller vers la France où sévit alors une épidémie de choléra.
Dans courte mais longue (oui, il y a un paradoxe) filmographie de Jean-Paul Rappeneau, j'ai l'impression que c'est un film sous-estimé, passé au silence, alors qu'il a d'évidentes qualités, ne serait-ce que sa beauté plastique et sa superbe photo signée Pierre Lhomme, qui porte une lumière chaleureuse sur ces paysages du traversés par Olivier Martinez. Il y a ensuite la justesse de Juliette Binoche, dont ce plan formidable où le duo en fuite se retrouve dans une maison inhabitée après un orage, et une seconde, et grâce au regard de l'actrice, celle-ci se sèche les cheveux et on comprend l'attirance de cette femme pour le bel étranger. Tout est dit dans cette expression, tellement bien captée par la caméra de Rappeneau. Enfin, soulignons l'histoire en elle-même, suffisamment dense pour parler de la France du milieu du XIXe siècle, mais aussi de cette fuite de cet hussard, qui devra justement passer par des toits pour échapper à ses poursuivants.
J'avais oublié de parler dans le casting où l'on retrouve pas moins qu'Isabelle Carré, Pierre Arditi, François Cluzet et même Gérard Depardieu dans un tout petit rôle.

Olivier Martinez, me direz-vous ? Et bien, je dirais que c'est là que le bât blesse, car il est en l'occurrence une grosse erreur de casting, car on sent bien qu'il parle faux, et que son phrasé, sa diction n'est pas celle d'un homme du XIXe siècle. J'avoue être sorti à plusieurs reprises du film dès qu'il parle ; certes, il est beau gosse, il est censé provoquer l'amour chez le personnage de Juliette Binoche, mais dès qu'il parle, ça ne colle pas.
Ce dont s'est rendu compte Jean-Paul Rappeneau, mais il était trop tard pour faire machine arrière. Cela dit, il reste le sens du timing, les scènes de foules tant affectionnées par le réalisateur, et le rythme trépidant, jusqu'à cette belle fin, mais l'obstacle Martinezien était trop gros à franchir.

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