Koo-koo-ka-choo...

Avis sur Le Lauréat

Avatar Salomeche
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C'est pas toujours une bonne idée d'écrire une critique juste après la fin du film mais je sens que j'ai des choses à en dire de celui-là, et je suis pas sûre de m'en souvenir longtemps.

Déjà, on va prendre les choses dans l'ordre. Premièrement, c'est très joli. Et je dis pas ça simplement parce que les dames sont très très jolies. Non non. Les lumières - et surtout les ombres - sont carrément chouettes. C'est probablement le point que j'aurais préféré dans ce film. Pourtant, je n'y connais pas grand chose, je le confesse, mais pour une fois j'ai senti que je captais une partie au moins de ce langage lumineux. Cela dit, c'est un langage lumineux particulier puisque la plupart du temps finalement, il cache ce qu'il désigne : ce qu'on veut voir le plus (et je ne parle toujours pas des jolies dames mais plutôt des expressions de Dustin Hoffman qui se cache par exemple) ne prend la lumière que furtivement. Enfin voilà, visuellement c'est assez sublime, et dans le sens de sublimé surtout : on sait que ce que l'on regarde n'est pas vraiment sensé être grandiose, mais on le reçoit comme tel.

Evidemment, je vais enfoncer la porte ouverte qu'on attend tous : c'est aussi grâce à la musique. Je ne spoile pas, mais après avoir vu Le Lauréat, vous pourrez chantonner "Hello darkness my old friend", sans forcément être triste à pleurer le front contre une vitre un soir de pluie. Vous verrez des visages de jeunes gens souriants, peu importe à quel points ils sont désorientés. Non, vraiment, j'aurais jamais cru qu'on pouvait ne pas être triste avec cette chanson en fond sonore, bravo.

Bon, ensuite, l'intrigue est pas mal originale et le jeu des acteurs est d'une grande justesse, le rythme est dosé avec précision : quand Ben végète, notre rythme cardiaque et cérébral ralentit avec lui, sans pour autant s'affaisser assez pour ne pas le suivre quand il se met à courir.
Ma seule grande réticence face à ce - malgré tout - très bon film, vient de la distance permanente imposée entre les personnages et nous. Leurs décisions semblent n'avoir que peu de sens, que ce soit celles de Ben, d'Elaine ou de Mrs Robinson : on dirait qu'ils agissent selon une logique très précise, et qui a totalement un sens pour eux, sans qu'on y soit inclus une seule seconde. Certes, il y a bien des plans assez peu subtils qui tentent d'amener du sens (le passage avec les singes qui se bécotent au zoo, puis un plan sur Ben et la caméra qui dérive vers un singe solitaire : Ben se sent très seul. Subtil.), mais dans l'ensemble, les actions définies m'ont parues inexplicables quasiment à chaque fois. Bien sûr, on comprend globalement les états d'esprit des personnages, on peut se faire une idée de leurs motivations, de leurs drames, de la logique qui régit leurs actions au long terme ; mais il m'a semble que d'une décision à l'autre il n'y avait que peu de cohérence. C'est un peu frustrant, et ça tient probablement au fait que la moitié des dialogues soient faits de "quoi ?", de monosyllabes ou de questions sans réponses. Puisqu'ils communiquent peu entre eux, ils communiquent peu à leurs humbles spectateurs.

Enfin, je râle parce que c'est pas à mon goût mais après tout c'est probablement fait exprès tout ça. Allez, je leur en veux pas, c'était joli.

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