Le fond mais pas la forme

Avis sur Le Monde fantastique d'Oz

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113 ans après avoir été écrit, Disney se lance dans l’adaptation cinématographique du magicien d’Oz. Cette transition n’est pas sans effets, tant positifs que négatifs.

Dans sa montgolfière, un magicien intermittent du spectacle se trouve aspiré par une tornade. Il se met à prier pour ne pas subir le courroux de Dieu et la tempête le transporte dans un univers extraordinaire où il se trouve être le héros potentiel d’une prophétie.

En premier lieu, Le Monde Fantastique d’Oz porte particulièrement bien son nom puisque la direction artistique est des plus formidables. Les décors, tout en effets spéciaux, sont splendides et bourrés de détails. La 3D s’accommode bien à de très nombreux plans mais ses défauts persistent et desservent parfois la qualité visuelle du film. Le contraste des couleurs étant assez marqué, c’est assez sombre avec les lunettes. Idem pour les plans en mouvements qui ressortent très mal. Pour autant et pour le reste, le relief bien foutu.

Malgré tout, le moment d’anthologie vient peut être du premier quart d’heure ! Celui ci se déroule dans notre monde au début du siècle dernier, tourné en 4:3 et noir et blanc. Avec la 3D, c’est une expérience inédite confrontant la modernité aux origines. Son générique en carton pâte est lui aussi une grosse baffe dans la tronche qui démontre tout le savoir faire de Disney dans les domaines de l’animation.

Le passage à la couleur fait le pont entre la réalité et le fantastique. Les premiers pas du magicien dans le monde d’Oz sont enivrants et nous font découvrir la fibre fantastique du film qui rappelle Le Seigneur des Anneaux, Alice Au Pays des Merveilles ou tout simplement Jules Verne et les inventions de Léonard de Vinci.

James Franco dans le rôle du magicien transmet sa bonne humeur et envoie quelques répliques savoureuses. En face de lui, Mila Kunis (au visage très photoshopé) peine à convaincre mais son personnage ne pouvait pas vraiment l’aider. Le reste est bien fade hormis le craquant singe ailé parlant en tenue de groom et au regard de nounours.

L’arrière goût Disney reprend le dessus dans le dernier tiers du film où l’originalité est rattrapée par le cahier des charges. A partir de ce moment là, Oz prend une tournure des plus manichéennes où le Mal affronte le Bien dans un duel non violent. C’est alors une histoire de princesses contre sorcières qui apparait pour le plus grand désespoir des gens de plus de onze ans. Le mythe de la jolie princesse ressort comme un vieux cheveux sur la soupe, comme si les scénaristes avaient décidés de rajouter cela pour ne pas être trop novateur. Un constat fort malheureux mais sauvé par un combat final fichtrement mémorable.

En adaptant une des grandes œuvres du siècle précédent, Disney sublime le fond (visuellement incroyable) mais dérive sur la forme en voulant à tout prix y poser ses codes. Le sombre de l’aventure laisse place, pourtant assez tard, à une histoire de princesses à dormir debout. Heureusement, le dénouement relève le niveau et laisse une trace forte dans les mémoires. En espérant que le suite (trilogie oblige) arrivera à apporter quelque chose de nouveau pour ne pas tomber dans l’oubli. Oz 2, pari osé ?

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