Deux cabotins et un canasson

Avis sur Le Mors aux dents

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Deux immenses stars du western sont réunies dans ce film de Burt Kennedy, sorti en 1965. Glenn Ford et Henry Fonda interprètent deux cowboys usés et désabusés par une existence solitaire et routinière, passée essentiellement à dresser des chevaux et attraper des bêtes égarées sur les hauts plateaux, pour quelques dollars trop vite dépensés dans le premier bar de la première ville venue. Il s'agit cependant d'un western moderne, puisque l'action se déroule dans les années 1950. Ben et Howdy sont donc deux vestiges d'une profession en voie de disparition, distraits en de rares occasions de leur ennui de vieux garçons par un voisin qui distille son moonshine whiskey dans sa cave, ses deux filles pas farouches, et les inévitables confrontations avec les employés des éleveurs rivaux. En contraste avec ce contexte austère, The Rounders joue néanmoins sur le registre de la comédie, en montrant les difficultés rencontrées par les deux compères à mater un cheval aux qualités exceptionnelles, mais bougrement têtu. Chutes, morsures, ruades, escapades et menus larcins, le vieux rouan vicieux est un maître dans l'art de faire tourner ses dresseurs en bourrique !

En illustrant le décalage sans cesse grandissant entre le vieil Ouest des chevaux et du travail manuel et la modernité des machines et de l'argent, Le Mors aux dents s'inscrit dans la même mouvance que Les Désaxés (1961), Seuls Sont les Indomptés (1962) ou Le plus sauvage d'entre tous (1963). Mais c'est bien son seul point commun avec ces chefs-d'œuvre, car on a ici à faire à une comédie basique reposant principalement sur les facéties d'un canasson bien dressé, et la capacité de Ford et Fonda à tirer la grimace en retombant le nez dans la poussière. Tourné dans les environs de Sedona et Flagstaff, dans le nord de l'Arizona, le film offre certes de superbes images d'extérieur en Panavision et Metrocolor, mais le scénario adapté par Burt Kennedy - pourtant auteur de quelques pépites pour Budd Boetticher - est en revanche est complètement inepte. Le seul intérêt de ce petit film est donc de voir deux légendes du septième art cabotiner comme des cochons pour un buddy movie sympa, mais vite oublié.

P. S. : Ah, et sinon, Howdy a décidé de se faire appeler ainsi parce que son nom de baptême est Marion... Cherchez la référence !

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