Penitenziagite!

Avis sur Le Nom de la rose

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Il avance lentement mais surement, le dos courbé et le visage a demi-caché par son capuchon de moine franciscain, talonnant son bidet fainéant, tel un Sancho Panza monastique. Sauf que c'est lui le maitre, d'ailleurs son disciple, à l'allure guère plus engageante, le suit de près sur cette route sinueuse du nord de l'Italie.

Leur destination est une abbaye dans laquelle doit se tenir une importante conférence dans le but de réconcilier les franciscains avec le pape. Des questions de dogmes et de théologie, qu'il serait fastidieux d'expliquer ici. Sa silhouette gigantesque et austère se profile déjà à l'horizon, un gros cube posé sur les hauteurs d'une colline. C'est le temple du savoir, qui renferme la plus grande bibliothèque de l'occident chrétien. Rien que ça. C'est aussi bulle coupée du monde dans laquelle depuis peu se déroulent des évènements étranges, en particulier un meurtre inexpliqué. Ca tombe bien parce que notre Sancho Panza est en réalité l'esprit le plus éclairé de ce putain de siècle obscurantiste, il va donc pourvoir résoudre se mystère.

Son nom c'est Guillaume de Baskerville, tout le monde connait sa réputation de moine turbulent, mais ô combien cultivé et perspicace. C'est tout naturellement que le maitre du lieu l'implore de lui venir en aide. Il ne croit pas en un châtiment divin pour punir les méchants de leur impiété. Mais ce n'est pas le cas des autres moines pour qui la solution est simple : le diable qui s'est emparé de ce bastion de la foi détourne les bonnes âmes, incite au vice et assassine. Comme c'est pratique! En fait c'est l'excuse passe partout le diable.

Guillaume le fouineur accepte bien volontiers cette mission, mais il y'avait un piège. Il n'a que quelques jours pour la mener à bien, après c'est l'inquisiteur qui se chargera de l'enquête. Façon inquisition bien sûr, genre on commence par couper deux ou trois phalanges et on pose des questions après. Pour Guillaume il n'en est pas question. Non mais allô on est au 14e siècle, c'est juste plus possible de pratiquer la torture pendant un interrogatoire.

Et c'est pas le seul problème car les meurtres continuent, toujours plus abominable. Il va falloir se grouiller si on veut qu'il y ait encore des moines à sauver. Parce que ceux-là on pas trouver mieux que se flageller pour demander pardon à dieu et arrêter ce massacre. Normal, j'aurais fait pareil.

Et pour couronner le tout, la bibliothèque qui semble receler bien des indices est interdite d'accès, soi-disant parce que c'est un labyrinthe dangereux pour un néophyte. Que de secret et que de mystère se dresse sur la route de Guillaume, mais comme dans n'importe quel bon polar celui-ci saura les balayer grâce à son extraordinaire capacité de déduction.

Plusieurs suspects sont présentés, encore une fois comme dans un bon polar. Il y a le moine homosexuel qui devrait donc rôtir en enfer mais qui en attendant pourrait bien tuer pour qu'on ne divulgue pas son secret. Il y a l'ancien compagnon de Fra Dolcino, un genre de communiste de l'église catholique condamné pour hérésie, dont le cri de ralliement était ce fameux "penitenziagite" (repend-toi). Il y'a encore l'herboriste qui connait tout les poisons, et puiscelui qui s'adonne au science occulte. Il y'a un tas de mec bizarres dans cet abbaye, de quoi faire une enquête aux multiples rebondissements digne d'un bon Agatha Christie.

Tel un ancêtre d'Hercule Poirot, Guillaume saura faire le tri dans tout ça pour tout reveler à la fin du film qui s'annonce dantesque. Repentez-vous adepte du malin et des doctrines rétrogrades, car Guillaume arrive et saura bien vous percez à jour. Puisque dieu a apparemment besoin que quelqu'un fasse tout le sale boulot à sa place.

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