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Le Nouveau Monde par Julie Splack

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Le Nouveau Monde est une œuvre apaisante et majestueuse, à travers laquelle le mystérieux Terrence Malick nous conte l'histoire de Pocahontas, jeune Amérindienne qui a vu sa vie basculée lors de l'arrivée des colons dans sa région natale. De sa rencontre et son histoire d'amour avec John Smith, jusqu'à son mariage avec John Rolfe, on découvre ou redécouvre le destin extraordinaire, mais aussi tragique, de Pocahontas. Une vie faite de légendes, véhiculées de génération en génération, dont le réalisateur nous ouvre les portes pour deux heures merveilleuses. Une expérience singulière, nous immergeant totalement dans la fascinante façon de vivre des Indiens. A travers ce peuple, on parvient à prendre conscience de notre aveuglement du à l'obsession de l'argent et du pouvoir. Nous ne savons même plus apprécier les bienfaits les plus primaires et essentiels de la nature, de l'eau, de la terre, du vent. Tout nous semble être dû, et on ne respecte même plus ce qui nous est pourtant vital. La mise en scène est délicate et soignée, atteignant un art que peu de réalisateur peuvent se vanter d'atteindre. Si les voix off ont pu en agacer certains, elles contribuent pour moi à la beauté du voyage. Nous parvenons mieux à cerner les pensées les plus personnelles des protagonistes, qui se dévoilent finalement peu oralement, les dialogues se faisant assez rares. La photographie est merveilleuse, avec des tons naturels agréables. La musique a également une importance toute particulière dans ce long-métrage, donnant vie à chaque séquences. A noter que l'on entend finalement peu la musique composée par James Horner, et on retiendra surtout le concerto pour piano n°23 de Mozart, se mariant avec élégance et douceur au chant de la nature. Il suffirait de fermer les yeux, et se laisser totalement submerger par cette symphonie apaisante, pure et envoutante. Beaucoup considèreront l'œuvre de Terrence Malick comme lente et sans rythme. Pour ma part, j'aurai plus tendance à dire qu'elle est seulement douce et poétique. A côté d'ça, le réalisateur n'oublie pas non plus l'aspect divertissement de son film. Il faut dire que l'arrivée des colons ne s'est pas fait de la meilleure façon possible, leurs relations avec le peuple Indien ayant fait quelques éclats. A cela s'ajoute la difficulté pour les colons de s'adapter à leur arrivée à la vie en Amérique, beaucoup mourant de faim ou tombant malades. J'ai trouvé leur camp parfaitement bien reproduit, à l'aspect sale, vaseux, respirant la mort et la misère à plein nez. Des décors réussis, plantés dans des paysages superbes, sauvages, où l'homme ne semble pas avoir encore laisser sa trace. A noter que Malick a choisit de reproduire le fort de Jamestown à l'endroit exact où il fut construit à l'époque. Un soucis du détail qui n'empêche pas le réalisateur de prendre des libertés vis à vis du scénario. L'histoire d'amour, aussi improbable que passionnée, entre John Smith et Pocahontas n'a jamais été prouvée. La jeune indienne n'avait que 11 ou 12 ans lorsqu'elle sauva Smith, la relation qu'ils ont entretenu par la suite ne relever que de l'amitié. Un choix pourtant judicieux, car cette romance peu ordinaire, où chacun est fasciné par l'autre, donne beaucoup plus d'intensité dramatique au récit. On comprend d'ailleurs d'autant mieux le déchirement ressentit par Pocahontas entre son peuple et celui venu de l'autre côté de l'océan. Q'orianka Kilcher est fantastique dans ce rôle, offrant toute sa grâce, sa douceur et un petit côté sauvage à la princesse indienne. Christian Bale est quant à lui parfait en John Rolfe, transit d'amour et bienveillant. Même Colin Farrell se montre convaincant dans la peau du capitaine John Smith. Vous l'aurez compris, Le Nouveau Monde est une expérience à découvrir, Malick nous faisant voyager, frissonner et rêver. Une merveille.

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