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Le Père de Giovanna par Eowyn Cwper

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Drame aux tons ocres, ce film d’un réalisateur né en 1938 est l’un des rares qui se passent dans la Seconde Guerre mondiale sans en faire leur sujet du tout. Le mariage des personnages de Silvio Orlando et Francesca Neri est loin (il date de 19 ans) mais on a l’impression d’entendre résonner encore le « pour le meilleur et pour le pire ». Leur fille (Alba Rohrwacher) est les deux à la fois : le père se donne corps et âme pour elle tandis que la mère, au contraire, s’éloigne.

La prose familiale étant posée, le drame peut survenir avec l’inquiétant stoïcisme de l’irréparable sous la forme du meurtre. Le reste en découle, sur fond de bombardements puis de ruines qui servent à marquer le temps, monotone, qui passe. Tant de placidité pourrait se traduire en douceur si le film n’était pas si feutré en tout : feutré dans les dialogues qui font rater la venue de la conclusion ; feutré dans le procès que le verdict (l’aliénation au profit de l’incarcération) minimise sans compensensation ; feutré dans le personnage de Rohrwacher qui est loin de combler le vide laissé par le contexte de son enfance.

C’est, finalement, un film assez familial, mais du fait des risques minimes qu’il prend, et pas pour le genre qu’il se choisit. Rempli de cette fille qu’on exile pour aliénée (comme si elle était victime de folie plutôt que d’en avoir commis une ?), il fonde des dimensions trop humbles, tellement délicates qu’elles ne s’enracinent pas. Tellement délicates aussi qu’elles ne font pas vraiment d’erreur, mais valait-ce le coup ? Pas sûr.

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