A chlore perdu

Avis sur Le Plongeon

Avatar Pruneau
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Burt, 55 ans et bâti comme un demi-dieu grec, se balade en slip de bain moulant pendant tout le film (attention les filles, à un moment il l'enlève) .
Et oui, un jour il a la fulgurante idée de rentrer de chez des amis en nageant de piscine en piscine. «I am swimming home», répète-t-il à l'envi, empruntant la «Lucinda River», du nom de sa femme.
Nous sommes dans l'Amérique opulente et consumériste de la fin des sixties, dans laquelle qui n'a pas une piscine à 50 ans a raté sa vie.

Le personnage de Burt nous est présenté au départ comme un type sympathique que tout le monde aime, un idéaliste, gai-luron et gentleman. Il fait chaud, on se dit qu'on est en plein été.

Puis au fil des piscines, le trompe-l'oeil se dissipe et sa véritable personnalité apparaît : méprisé, haï, mythomane, veule, salaud. Le temps vire au maussade, on se dit qu'on est au printemps, un printemps encore hésitant.

Chaque propriété visitée est un nouveau tableau de la descente aux enfers de Burt, comme s'il traversait le Styx à la nage.

Un film d'un pessimisme absolu. Malgré quelques beaux moments poétiques, limite pétage de plomb (Burt sautant au ralenti par dessus des barrières d'obstacle pour canasson !).

PS : Je me retrouve totalement dans cette métaphore de l'enfer qu'est une piscine municipale (avec un règlement tatillon et débile) remplie à ras bord de mioches qui braillent.

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