Défends-moi si tu peux

Avis sur Le Pont des espions

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L'Histoire et Steven Spielberg, en voilà une grande. Car s'il y a bien une chose qui fascine le cinéaste en dehors de l'enfance, c'est bien celle-là. Nullement cantonnée à un rôle de marqueur temporel, elle est aussi un moyen de questionner les notions fondamentales du cinéma de Spielberg: l'humanisme et l'héroïsme. Où les trouver et à quel moment passe-t-on de l'une à l'autre? Qu'il s'agisse de l'esclavagisme, la Shoah ou l'injustice, un homme seul peut faire la différence semble nous dire le réalisateur.
Le président Abraham Lincoln avant-hier, le riche industriel allemand Oskar Schindler hier, aujourd'hui c'est le modeste avocat James B. Dovonan. Qui ça? Oui, le personnage n'a pas laissé de marque aussi indélébile que ses prédécesseurs, alors qu'il s'est également opposé à la tyrannie à sa façon. En pleine guerre froide, l'avocat américain fut celui qui prit la défense de l'espion soviétique Rudolf Abel. Un job comme un autre en soi, mais que Donovan fera si bien qu'il va être érigé en"traitre de la nation". Et par un improbable concours de circonstances, l'homme de loi va devenir le seul espoir d'un échange entre les deux camps: Abel contre Francis Gary Powers, un pilote de la CIA dont l'avion a été abattu au dessus de l'URSS.
Trois ans après Cheval de Guerre et Lincoln, Steven Spielberg conclut donc une trilogie qui délaisse le spectaculaire pour l'intimiste avec Le Pont des Espions. Le ton est cependant plus léger que les deux premiers films. L'écriture caustique des frères Coen y est pour beaucoup, elle offre beaucoup de fraicheur à une histoire assez prévisible avouons-le. Renvoyant les deux camps dos à dos, le script établit assez justement un joli parallèle entre Donovan et Abel qui, malgré leur différence idéologique, défendent leurs valeurs avec la même intégrité, devenant ainsi les meilleurs entre tous.
La réalisation du maître est toujours un modèle d'élégance, de fait l'intrigue se suit sans le moindre accroc. Et évidemment, c'est un point qui est également à mettre au crédit des acteurs. Tom Hanks retrouve le maestro (après Il faut le soldat Ryan, Arrête-moi si tu peux et Le Terminal) et lui aussi connait sa partition sur le bout des doigts. En même temps, il était si évident en Donovan. Dans le rôle de Rudolf Abel, Mark Rylance fait jeu égal avec Hanks. Son regard et ses expressions traduisent si bien son désabusement qu'il en devient drôlement attachant. Il faut aussi détacher les excellents Scott Shepherd et Sebastian Koch.
Malgré quelques points noirs, il faut avouer que l'Histoire avec maître Spielberg, ça ne se sèche pas. Car même si ce n'est pas son meilleur, cela reste un cours magistral.

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