Un film qui vous fait aimer la vie et qui vous envoie des ondes d'amour

Avis sur Le Premier Jour du reste de ta vie

Avatar Guillaume Rouleau
Critique publiée par le

Succés critique et populaire surprise pour ce film français sorti en plein été 2008 qui a fait plus d'un million d'entrées.

Cela fait la 5ème fois que je le regarde, et je ne m'en lasse pas. Certes il n'y a plus de surprises -nous ne sommes pas face à un Kubrick tout de même-! Mais un grand plaisir à voir et revoir cette chronique familiale douce-amère et bourrée d'humour. Une des plus grandes réussites du cinéma français dans le genre et un des meilleurs films français de ces dernières années. Ne boudons pas notre plaisir!
Parfois plié en deux de rire (cf la scène où Zabou passe le permis...) ou ému jusqu'aux larmes (cf la fin du film, l'accident de Zabou, la scène du journal intime, la mort de Roger Dumas...), Rémi Bezançon nous fait passer par toutes les palettes de sentiments grâce à un scénario subtil et intelligemment construit. L'idée de raconter l'histoire de cette famille sur une dizaine d'années (1989-2000) tout en prenant le parti de découper chronologiquement le film en fonction d'une date et du point de vue d'un des personnages de cette famille, c'est faire preuve d'une profonde originalité. Ce qui fait que ce film ne ressemble qu'à lui-même. Ce qui est rare aujourd'hui où tout semble formaté et aseptisé dans le monde du cinéma.

Plus qu'une idée originale, cela permet au spectateur de s'identifier aux personnages, éveillant en nous des souvenirs personnels sur l'époque (pour moi mes années lycée avec la période grunge et Kurt Cobain, etc...) et de nous attacher vivement à ces 5 + 1 personnages formidablement écrits et dirigés. Tous ceux qui aiment ce film, trouvent des ressemblances avec leur propre vie de famille sur certains aspects.
Je ne pense pas que Rémi Bezançon ai choisit la facilité, surtout qu'il s'attaque à époque très récente de l'histoire contemporaine, ce qui aurait pu faire sombrer le film dans le cliché facile. Justement ce sont ces choix de mise en scène, ses idées dans le scénario ou l'écriture des dialogues qui désamorcent ce que l'on aurait pu considéré comme faisant cliché.
Au premier abord, à la première vision, la mise en scène semble en retrait, le film tirant sa force de la construction du film et du formidable talent d'acteurs, au diapason. Mais quand on l'a vue plusieurs fois, on se rend compte que la simplicité et l'authenticité de la mise en scène accompagne avec force le parcours des personnages. Il ne s'agit pas d'un film sans saveurs. Il a une identité marquée, il existe seul. C'est la marque typique d'une grande mise en scène et d'un grand film. Car si l'on pousse la réflexion l'idée scénaristique est avant tout une idée du réalisateur. C'est donc au-delà de l'écriture, une formidable construction de mise en scène...
Puis la BO de Sinclair est vraiment réussie et accompagne également de façon intelligente la progression de l'histoire, le rélaisateur ayant inclu aussi des morceaux de musiques bien choisis pour illustrer un état d'esprit, une situation ou une émotion particulière (Lou Reed, Etienne Daho -pour la fin-, entre autres)

Puis là ou Rémi Bezançon peut se dire qu'il a réussit son pari, c'est quand le spectateur en vient à se dire qu'il aurait aimé vivre avec cette famille malgré les tensions et anicroches qu'elle rencontre au fil du temps. Cette bande d'acteurs, au diapason, comme je l'ai dit plus haut, transmet une force d'amour qui touche au plus profond le coeur du spectateur. On a vraiment l'impression qu'entre eux il y a vraiment un sentiment d'appartenance à un même clan, que le tournage s'est réalisé dans cet esprit.
Bande menée par: Jacques Gamblin (le père, Robert Duval, chauffeur de taxi, fumeur invétéré....) très touchant et émouvant, s'appuyant sur un jeu authentique et sobre, comme souvent, mais ici de façon bien plus forte qu'à l'accoutumée. On se souviendra longtemps de cette prestation.
Zabou Breitman (la mère, Marie-Jeanne Duval), qui trouve ici le plus beau rôle de sa carrière, est elle aussi, très émouvante en mère de cette attachante tribue, et parvient, grâce à des situations cocasses, à nous livrer des moments de pure comédie à vous faire décrocher les zygomatiques...
Les enfants, Marc-André Grondin, Pio Marmaï et Déborah François, sont tous trois formidables, avec mention pour Marc-André Grondin en romantique amateur de bon vin et passionné d'Air Guitar.
Puis une vraie surprise quand j'ai vu le film la première fois, le beau rôle écrit pour Roger Dumas (le père de Robert/Jacques Gamblin) qui crève l'écran dans toutes ses scènes...

N'hésitez pas à dire que vous aimez ce film, qui a mon avis, restera pour sa forme originale et la force d'amour qu'il véhicule...

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