Retourne à l'école !

Avis sur Le Premier Jour du reste de ta vie

Avatar Mike Öpuvty
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En 1998, The Wedding Singer s'était chargé de me renvoyer dans les eighties à grand renforts de name-droping, de gants-sur-une-seule-main, et de chansons délicieusement merdiques.

Aujourd'hui, son équivalant pour les années 90 s'appelle Le Premier Jour du Reste de ta Vie, mais bon je vais pas vous le cacher plus longtemps, il est carrément moins bien.

N'allez pas lire qu'il est complètement nul, c'est faux. Il regorge suffisamment de bons moments pour que j'aille jusqu'au bout sans balancer ma bière à travers l'écran. Les acteurs sont tous bons, la lumière aussi, la partition de Sinclair, tout ça fonctionne à merveille.


Mais le film souffre d'être excessivement scolaire dans sa confection.


Alors je peux passer outre les quelques scènes pas découpées, et montées à l'arrache ( le film est bourré de raccords qui piquent les yeux ), que leur enchevêtrement qui rend transparent le moindre effet d'annonce. Je peux feindre d'ignorer que les choix de chansons sont ceux d'un mec qui a acheté un "Best-Of 90's" concocté par Wikipédia et qu'elles sont toujours appliquées en accord avec le "manuel-secret-du-parfait-placeur-de-zik" ( Par exemple, Perfect Day de Lou Reed est une chanson qui, sans rien ajouter, me plonge dans un profond émoi. Le film parvient à la rendre complètement stérile, tant son intervention apparait comme calculée au millimètre près ! ) mais l'ensemble accumulé de ces petites tares vient invariablement ternir le métrage à intervalles réguliers.

L'exces de travail ne le rend que trop évident. J'ai passé tout le film à le voir se fabriquer.

D'autant qu'il ne propose pas franchement de discours élaboré, la morale du film se résumant à "vieillir tue".

Il y a quand même de petits morceaux de bravoure que je tiens ici à souligner aussi.

En vrac : la scène géniale où Zabou Breitman écrase un chien lors de son examen de conduite ; celle où elle respire l'air du cousin gonflable de son défunt mari ; Les plans sur la gueule de Jacques Gamblin lors du concours de Air-Guitar ; Tous les rapports au passé sont bien foutus ( notamment la scène de lecture du journal intime. )


Du coup, bon an mal an, je trouve l'ensemble du film un tout petit peu raté, mais jamais désagréable... Jusqu'au plan final. Qu'est-ce que c'est que cette idée à la con que de regarder droit dans l'objectif au dernier moment ? T'avais quelque chose à dire de plus que ce qui était déjà évident ? Non. Bah alors c'est quoi ton problème ? Tu t'es pris pour Carpenter à la fin d'Escape from LA ? Non mais sans déconner...


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PS : J'aurais aimé qu'une scène se passe dans un Burger King, rien que par principe !

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