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A-t-on déjà vu ça ?

Avis sur Le Retour de Mary Poppins

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Laissez-moi réfléchir, une nounou magique avec un parapluie volant qui descend du ciel pour aider des enfants, ça me dit vaguement quelque chose. Où est-ce que j’ai déjà vu ça… ça va me revenir… Ah ça y est ! C’est Mary Poppins ! Non pardon, c’est Le "Retour" de Mary Poppins !

Quel drôle d’idée a eu les studios Disney de faire un deuxième film avec Mary Poppins. Et oui ce n’est pas un remake mais bien une suite. J’avoue n’avoir pas été emballé par les annonces postées sur internet, et quand j’ai vu la première BA j’étais genre « non mais vous vous foutez de ma gueule ». Qu’est-ce que ce film change par rapport à son premier de 1964 ? Est-ce qu’on doit être enthousiaste de revoir Mary Poppins au cinéma plusieurs années plus tard ? Est-ce que la magie de mon enfance va renaître une seconde fois ? Pour les enfants, c’est une occasion pour eux de découvrir la version de 1964 et de 2018 alors que pour les adultes c’est pour eux le moment de retomber dans le monde magique de Disney. Bien sûre, Mary Poppins est un film qui enchante petits et grands avec ses chansons magistrales et ses magnifiques promenades avec Mary dans le monde de l’animation et de la réalité. Non, moi il n’y a qu’une chose qui me dérange dans ce film, c’est le scénario. C’est trop simple et pas assez imaginatif à mon goût.

Bon vous allez me dire que je suis vieux jeux, mais que la banque vienne en aide et que l’argent sauve la famille Banks c’est du jamais vu (y a de quoi s’étouffer dans son pop-corn). Alors que Mary venait sauver une Angleterre à l’agonie, une Europe pétrifiée et une économie aussi souveraine que cannibale dans le film de 1964, elle vient juste ici pour donner un coup de main. La morale de ce film c’est : la banque est votre meilleure amie, c’est quand même se moquer du monde. Alors que la morale du premier film était : l’argent n'apporte pas le bonheur de la famille.

Au scénario, David Magee n’a pas poussé bien loin son imagination, car ce scénario reprend exactement les mêmes codes que le film de 1964 mais à une époque différente et avec une nouvelle génération. Mary Poppins retrouve la famille Banks dans une période difficile, Michaël vit toujours au 17 allée des Cerisiers, les enfants de Michaël Banks sont malheureux, Jeanne Banks suit le mouvement de sa mère, une promenade aux pays du dessin animé avec en prime les fameux pingouins et une fin heureuse. Au lieu d’avoir un homme qui fait plusieurs boulots pour gagner sa vie, la nounou et les enfants sont accompagnés d’un allumeur de réverbères toujours optimiste aux talents chorégraphiques similaires à ceux de nos amis les ramoneurs. Au lieu de prendre un thé au plafond avec un vieil homme complétement loufoque, la nounou et les enfants ainsi que l’allumeur se rende chez la cousine de Mary, l’excentrique Topsy où tout est sens dessus dessous. Et on termine en remplaçant le cerf-volant par un ballon volant. Une question : qui avait deviné que les parts d’actions que cherchent Michaël et Jeanne pendant 2H du film se trouvaient en fait sur le cerf-volant ?

Rob Marshall et David Magee ont réalisé un film qui est quelque peu décevant au film culte de 1964, mais pas non plus mauvais aux yeux du spectateur. Les décors de Londres durant la Grande Dépression sont biens, les effets numériques et magiques à la Mary Poppins sont enivrants, et la musique du film n’est pas mal, par contre les chansons du film ne sont pas toutes top et extraordinaire, les deux seuls que j’ai retenu sont : "A-t-on jamais vu ça" et "Il faut se méfier des apparences". Par contre, Rob Marshall ne sait pas capter l’ampleur d’une scénographie pensée pour la chorégraphie. Il se contente de faire glisser la caméra d’un point de vue à l’autre et ça devient lassant au bout d’un moment.

Au casting, Emily Blunt incarne une Mary Poppins tellement plus fringante et plus anglaise à sa façon de se déplacer. Elle succède sans problème à Julie Andrews, et enfile la tenue de 1964 avec quelque retouche. Lin-Manuel Miranda est choisi pour jouer le rôle de Jack l’allumeur de réverbère, quand je l’ai vu je me suis tout de suite fait la remarque : « mais c’est Alvin Juan Alvarez (dans la série Dr House - saison 6) ». Acteur et compositeur, on ne le déteste pas dans ce film. Meryl Streep dans le rôle de Topsy retient notre attention mais à la fin du film on l’a déjà oublié. Ben Whishaw et Emily Mortimer jouent le rôle de Michaël et Jeanne Banks, les deux sont biens. Quant à Colin Firth dans le rôle du protagoniste du film, il est décevant. Et enfin Dick Van Dyke, qui jouait à la fois Bert et le géant de la banque dans le premier Mary Poppins, revient dans ce film pour interpréter le fils de ce dernier. Un coup sur la table et puis je chante et je danse comme au bon vieux temps.

Cette bonne Mary Poppins est simplement de retour pour réenchanchter le quotidien et embellir les cœurs de joie et d’amour chez les enfants et les adultes. Mais en ce qui me concerne, j’ai été dubitatif du début jusqu’à la fin. Et puis finalement, ça m’a bien plu. Un film que j’ai vu en famille au cinéma, c’était un vrai divertissement.

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