En revanche, le jeu MegaDrive était vachement bien !

Avis sur Le Roi Lion

Avatar Mike Öpuvty
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La première fois que j'ai vu Le Roi Lion je n'ai eu qu'une envie, c'était de le revoir. L'émotion est tellement bien gérée, les chansons ( sauf Elton, faut pas déconner ) sont excellentes, le casting sans doute le meilleur de l'histoire du studio, et c'est sans doute une des dernières fois que Hans Zimmer a composé de la vraie musique.


Je me souviens qu'en plus j'étais ( comme très souvent ) en total décalage avec mes contemporains qui avaient vu le film en salle quatre mois plus tôt. 
( Longue parenthèse hautement personnelle : A l'époque il était très difficile de voir un film "pour enfant" en VO, ils ne passaient qu'en soirée dans un ou deux cinémas de Paris. J'avais réussi à voir Aladdin et La Petite Sirène, mais pas Le Roi Lion... Du coup, quatre mois plus tard je chopais la VHS en VO non sous-titrée, importée de Singapour. " Quoi ?? T'as déjà Le Roi Lion en Vidéooo ?? " )

Du reste, déjà à l'époque je considérais qu'Aladdin était nettement plus réussi...

Mais aujourd'hui, j'ai des armes.


Intéressons nous d'abord aux influences du film.


Que Disney cède au manichéisme le plus évident n'est plus un problème pour personne, mais dans ce cas pourquoi DIABLE aller puiser son inspiration dans Hamlet de William Shakespeare ? Si une œuvre de l'histoire de l'humanité se prête le moins à une relecture en noir et blanc, c'est bien Hamlet ! Une tragédie où l'on cherche sans relâche à savoir ce qui est bien et mal, où les 'méchants' sont souvent pleins de bon sens et le 'gentil' répudie si violemment sa meuf qu'elle met fin à ses jours...


Les Studios Disney n'ont en aucun cas l'envergure pour rendre justice à cette histoire. Du coup ils font une version light sans aucune aspérité, où les évènements arrivent parce qu'ils le doivent, les méchants le sont parce que, les gentils aussi. Au moins dans Aladdin, la notion d'antagonisme est plus marquée, les évènements découlent de choix des protagonistes et ils ne sont pas ennemis héréditaires, ils le deviennent !


Ensuite il y a un type, Osamu Tezuka, qui est japonais comme son nom l'indique.

Il a écrit un Manga Leo Roi de la jungle ( AKA Le Roi Leo ) qui a été adapté en série animée et aussi en long métrage... Ooh ça parle d'un Lion qui est le Roi, et qui du haut de son gros rocher a un fils turbulent et intrépide ( C'est Leo. En Anglais ils l'ont appelé... Kimba ! ). Tiens d'ailleurs le tout premier épisode montre les animaux de la jungle et de la savane faire le déplacement juste pour la naissance du petit... Disney c'est des vraies putes ! Ils ont pompé sans vergogne sans rien dire à personne, genre on est des génies on a pas besoin des Japonais pour nous dire comment faire des dessins animés...
Sales putes !


De cette double mauvaise influence nait un film étonnamment réussi, et encore aujourd'hui si je le rejette pour des raisons intellectuelles, je ne peux que m'incliner devant la maitrise sans égale de l'émotion à fleur de peau que possède cette bande de rustres ! On peut remercier Hans et tout le casting ( James Earl Jones, Jeremy Irons et Rowan Atkinson en tête ) pour ça.


Un mot sur la VF, le pire doublage de l'histoire de la galaxie. On commence en force avec Debbie Davis pour remplacer Tim Rice au chant, transformant l'ouverture en un sommet de ringardise totalement 70's. Jean Reno était parfait dans Porco Rosso, mais en Dark Vador, ça va pas du tout. Jean Piat ne sait pas chanter, il gâche la meilleure chanson du film ! Et PERSONNE ne peut remplacer Rowan Atkinson
.
Mais surtout le film est truffé d'approximations ou même de contresens à se décrocher la mâchoire... Toutes les quinze secondes ! J'en suis même venu à me demander comment on pouvait aimer le film sous cette forme là tellement c'est mauvais.


Bref j'étais en train de dire que finalement c'était plus réussi que ne le supposait l'association malsaine de leurs matériaux de base, et je me suis encore laissé emporter !

Un mot sur le graphisme, tout de même... C'est un film d'animation !

Tout le monde a déjà souligné la beauté transcendante des palettes de couleurs africaines, et des effets de styles bien dosés au cours des chansons... Mais il y a dans la première scène une force manifeste de l'étude des déplacements des divers animaux représentés, qui hélas cède à un anthropomorphisme envahissant et de plus en plus what-the-fuckesque. Ça commence avec Mufasa qui fait signe à Zazou de se tourner en agitant la patte... jusque là, ça passe, mais le film dévie de plus en plus jusqu'à proposer des lions qui dévalent une colline l'un sur l'autre en se roulant des pelles... Je veux dire... Quel intérêt ?


J'ai un autre problème d'ordre intellectuel avec le film : Simba est un sale con toute sa vie. C'est très pénible à suivre, et d'ailleurs heureusement qu'il y a un vaste bestiaire de seconds rôles attachants, sinon ça ne serait pas supportable. Voici le cheminement de Simba au cours du film :


Lui - Whoaa ! Quand je serai grand, je vais déchirer !

Papa - Non Simba, laisse moi t'expliquer... Blablabliblablablah...

Lui - OK ! trop super !
Scar - Oui mais non, Simba... Laisse moi t'expliquer... Blablablablah

Lui - Ah ouais ? Trop super !

Timon et Pumba - Non,non,non,non ! /prout!/ Laisse nous t'expliquer ! Blablablakunamatatablablah

Lui - Haaaan, j'avais jamais vu les choses comme ça ! Trop super !

Rafiki - Non ! Tu comprends rien à rien ! Laisse moi t'expliquer ! blablablabblah ! Paf !

Papa Fantôme Bleu - Adieu Adieu Adieu, souviens-toi de moi...

Lui - Tu as cent fois raison ! Trop Super ! A partir de maintenant, je vais déchirer !

Simba c'est rien qu'une mollasse qui se laisse dicter sa conduite toute sa foutue vie. Pour un Roi, quel comble ! Mais comme à la fin l'émotion est à son paroxysme ça fait illusion et des milliers de gens croient que Le Roi Lion est la meilleure chose qui soit arrivé à Disney et qu'Aladdin c'est pas si terrible...


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