La noirceur de l'innocence.

Avis sur Le Ruban blanc

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Haneke filme en noir et blanc un petit village du Nord de l’Allemagne, un an avant le début de la première guerre mondiale. Il livre ici une œuvre à la beauté austère, où l’horreur est dite crument, sans jamais être montrée. La violence se déchaîne derrière des portes closes. Les mots pleuvent, comme des coups de verge. Le ruban blanc, symbole de l’innocence virginale des enfants, à laquelle tous devraient se plier, exacerbe des mœurs et des codes sociaux sclérosés : le pasteur qui tente d’imposer des dogmes religieux dépassés à la bande d’enfants du village, le médecin incestueux, l’autorité du baron contre lequel presque personne n’ose lever la main, même lorsque la mort s’invite… Une série « d’accidents » vient bouleverser l’ordre établit, sorte de cri silencieux d’âmes abîmées et perdues, sans limites, sans garde-fous. Le narrateur, d’une voix rauque et marquée par les ans, raconte sa rencontre avec une jeune adolescente, au milieu de ces drames… Son visage poupin et l’innocence de la jeune fille tranchent avec la noirceur qui habite et brise toutes les familles qui les entourent… Mais qu’est-ce, face à la guerre à venir ?

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