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Avis sur Le Seigneur des Anneaux : La Communauté de...

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Cette fin d'année 2001 aura été placée sous le signe de la magie et de l'héroïc-fantasy, avec coup sur coup deux adaptations fébrilement attendues par les fans. A savoir "Harry Potter à l'école des sorciers" et "La communauté de l'anneau". Deux films distillant leur comptant d'émerveillement mais dans un style totalement différent. Si la première aventure du petit sorcier à la baguette frémissante aura remporté la bataille du box-office, le plongeon en Terre du Milieu aura lui conquit davantage le coeur des fans et de la presse, le film de Peter Jackson ayant par ailleurs bien mieux vieilli que celui de Chris Columbus.

C'est au milieu des années 90 que le cinéaste de "Braindead" s'intéresse aux écrits de Tolkien, réputés inadaptables après de nombreuses tentatives infructueuses, si l'on excepte deux téléfilms d'animation et le film de Ralph Bakshi, peu convaincants. Suite à l'abandon de son projet "King Kong" par Universal (qui lui préférera "La momie" de Stephen Sommers, visiblement peu satisfaite des scores de "The frighteners"), et aux désaccords avec Miramax qui avait distribué son "Heavenly creatures" (les frangins Weinstein resteront tout de même producteurs exécutifs), Peter Jackson parvient enfin à mettre en chantier sa colossale entreprise sous la houlette de Robert Shaye de New Line Cinema, avec qui Jackson se brouillera par la suite pour des questions de pognon.

Tournant simultanément trois films, chacun représentant un des trois romans constituant cette oeuvre monumentale qu'est "Le seigneur des anneaux", Peter Jackson, bien aidé par sa femme Fran Walsh et Philippa Boyens, fait le choix judicieux d'adapter les écrits de Tolkien aux exigences du format cinéma, supprimant une poignée de sous-intrigues jugées inutiles (adieu Tom Bombadil et la Comté occupée, ce qui n'est pas une mauvaise chose) ou, au contraire, puisant dans les annexes des différents textes afin d'étoffer certains aspects à peine effleurés dans le roman initial (la romance entre Aragorn et Arwen, d'un romantisme à fleur de peau), transformant également quelques personnages.

Loin de tout académisme, Peter Jackson reste fidèle à ses débuts et livre un blockbuster furieux et loin d'être aseptisé, assurément pas pour les jeunes enfants, frôlant même parfois l'épouvante au cour d'une poignée de séquences rappelant les débuts horrifiques du bonhomme, comme le montrent les apparitions terrifiantes des cavaliers noirs. Ce qui n'exclut pas un certain humour bon enfant, cher au créateur goguenard des "Feebles".

Posant son cadre dans le paysage sublime de la Nouvelle-Zélande, Peter Jackson évite le tout numérique (à deux ou trois plans près), signant un film organique (aspect qui se perdra petit à petit dans la carrière de Jackson) et au souffle épique indéniable, offrant des séquences aussi bien spectaculaires, bouleversantes (la mort d'un des personnages principaux) ou poétiques, le genre retrouvant enfin ce merveilleux qui lui faisait défaut depuis un sacré bout de temps.

Si la passivité du personnage de Frodon empêche le jeu d'Elijah Wood d'arriver pleinement à maturité, le reste du casting fait des étincelles, donnant vie à des protagonistes attachants et complexes. On retiendra surtout le charisme fracassant d'un Viggo Mortensen impérial dans un rôle confié dans un premier temps à Stuart Townsend (que Peter Jackson jugera finalement trop jeune pour le rôle) et Ian McKellen, immense comédien qui apporte au mythique Gandalf une folie et un côté shakespearien absolument délicieux.

Premier segment d'une aventure à nulle autre pareille, "la communauté de l'anneau" reste pour moi mon épisode préféré, peut-être parce qu'il reste le plus humble, le plus "palpable", tout en offrant un spectacle grandiose porté par la partition magnifique de Howard Shore, ressuscitant un cinéma noble et soucieux de raconter une histoire forte et inoubliable.

Pour sa sortie en vidéo, le film se verra rallongé de quelques minutes supplémentaires, lui donnant encore plus de corps et de substance, tout en permettant au récit de respirer un peu plus. Inutile de préciser que je vous conseille fortement cette version longue.

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