Fantasy : Bataille et noirceur

Avis sur Le Seigneur des Anneaux : Les Deux Tours

Avatar Jofrey La Rosa
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(article précédemment publié sur Les Chroniques de Cliffhanger & Co)

C’est en 2002 que sort ce deuxième volet du Seigneur des Anneaux, alors que le premier a rapporté près de 900 millions de dollars, dans un pari quelque peu risqué. Mais que nenni, puisque celui-ci fera encore mieux avec quelques dizaines de millions de dollars de plus. Beaucoup plus noire (et moins enfantine) que son concurrent direct à l’époque, la saga Harry Potter (les sagas sortent leurs films à un mois d’intervalle en 2001 et 2002), le film prouve une fois de plus que non seulement la saga de la Terre du Milieu peut tenir tête au sorcier à lunettes, mais aussi le dépasser, puisque si les chiffres des premiers volets étaient légèrement favorables à l’univers créé par J.K. Rowling, ceux du second tendent du côté de Tolkien. Mais parlons d’autre chose que de chiffres si vous le voulez bien : de cinéma. Si l’auteur de ces lignes a prouvé sur ce site son engouement pour la saga Harry Potter, celle du Seigneur des Anneaux semble prendre un chemin encore plus soigné et cohérent en pur terme de saga, la faute à un auteur unique et à une méthode de tournage back-to-back plus à même de respecter une harmonie globale et une mise en scène homogène.

Beaucoup moins frénétique que le premier volet, Les Deux Tours est d’avantage porté sur la noirceur du récit, son étirement, la tension des enjeux colossaux, dans près de 4h de métrage se concluant dans une magistrale bataille, parmi les plus belles du cinéma. L’attaque du Gouffre de Helm par les forces de Saruman impose en effet aux Hommes du Gondor, accompagnés par Aragorn, Legolas et Gimli, de défendre cette forteresse réputée imprenable. Dans un déferlement de rage filmique, Jackson met en scène une séquence massive de violence fantastique sombre et moite, aux accents de comédie lorsque que le jeu entre Legolas et Gimli vient subvertir un moment de pure aventure poignante. Mais jusqu’à cette séquence de près d’une heure, le film prend le temps d’installer ou de développer des enjeux qui trouveront leur résolution dans l’ultime épisode de la saga. Le syndrome du deuxième volet n’épargne donc pas la construction des Deux Tours, mais Jackson arrive néanmoins à en faire une force.

En effet, grâce à une esthétique plus protéiforme, avec des tons terreux et des percées de bleu, Peter Jackson et Andrew Lesnie (le chef opérateur) déploient une image moins expressionniste mais finalement plus lisible, toujours accompagnée d’une incroyable direction artistique, tant au niveau des costumes que des décors et des accessoires. Les effets spéciaux, quant à eux, ont fait un bon de géant, puisqu’on accueille enfin Gollum dans ce volet, une créature entièrement numérique, interprétée en performance capture par Andy Serkis, qui deviendra peu à peu le spécialiste de l’exercice (La Planète des Singes, Star Wars, King Kong, Tintin, Mowgli). Nous l’avions aperçu dans La Communauté de l’Anneau, mais à peine, de loin, ou à contre-jour, à croire que les CGI n’étaient pas encore vraiment au point un an auparavant. Mais le résultat ici est spectaculaire, parfois un chouïa mal intégré, mais juste pour chipoter un peu, tant la prouesse est dantesque. Tout aussi réussi que le premier volet, bien qu’avec une dynamique et une frénésie bien plus raisonnable, Jackson signe un nouveau chef-d’œuvre, mais on sent qu’il en garde encore sous le pied pour l’ultime épisode de son incroyable saga. Et si on allait voir ce que ça donne ?

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