👉 20 mai : Mise à jour de notre journal de bord (qui devient hebdo)
Le bilan de la nouvelle version du site est accessible ici.

Grégoire Duval, pharmacien respectable, passe son dimanche en famille, aux abords d’un lac. Lors de sa promenade digestive, il aperçoit une jeune prostituée qui bronze seins nus, seule sur une petite plage. Il l’étrangle. En un instant, le petit pharmacien sans histoire devient un assassin. Étonné de n’éprouver ni peur ni remords, Duval reprend sa vie monotone, entre sa boutique et les soirées en compagnie des notables de la ville. Quelques jours plus tard, le pharmacien apprend que la police a arrêté un suspect, et qu’il est sur la liste des jurés pour le procès aux assises (Synopsis tronqué trouvé sur le site d’Arte).

 Je ne voulais pas trop en dévoiler mais pour en parler un peu, il vaut mieux dire de quoi le film regorge dans ses dix/quinze premières minutes. Et pour être plus précis il faut aussi dire que Le septième juré, au début comme ensuite, utilise beaucoup le procédé de la voix off introspective. Nous sommes donc Grégoire Duval. Méprisant, désenchanté, il rejette autant sa condition de petit provincial (Le film se déroule entièrement à Pontarlier) que l’humanité toute entière. C’est le boucher, de Seul contre tous, trente-cinq ans plus tôt. Mais à la terreur froide placardée chez Noé, Lautner trouve un modèle idéal, cynique et émouvant, pour incarner ce type lambda qui bascule. Et Bernard Blier est absolument incroyable, je ne l’avais jamais vu ainsi ; Il est du niveau de Bourvil dans Le miroir à deux faces, et de Cayatte on n’est pas loin, ici.
Si la partie procès est moins puissante que ne peuvent l’être les premiers instants du film (Et son étrange ambiance onirique alors qu’on sait le drame sur le point de se produire) elle permet de comprendre vers quel échafaud le récit autant que Duval se dirigent, de façon aussi mystérieuse que grossière : En gros, Duval ne veut pas condamner un innocent. Et plus le procès s’allonge, plus il parvient à disculper le « faux assassin » que les autres jurés s’étaient empressés, à la manière de 12 angry men, de lui mettre la corde au cou. Le film devient une charge ahurissante contre les petites bourgades et les institutions judiciaires, qui plus est dans son dénouement, que je ne révèlerais pas mais qui file franchement la chair de poule. A ce jour, le meilleur film vu de Lautner avec On aura tout vu mais difficile de les départager tant ils sont incomparables.
JanosValuska
7
Écrit par

il y a 5 ans

1 j'aime

2 commentaires

Le Septième Juré
oso
8

Émancipation tardive d'un pro du cacheton

Quand Lautner sort l’acide sulfurique de l’armoire à pharmacie pour mettre un coup de javel corrosif à la bonne moralité, il ne le fait pas à moitié, et ne s’arrête que lorsque le vernis des fausses...

Lire la critique

il y a 7 ans

28 j'aime

3

Le Septième Juré
Morrinson
8

Justice factice et paix sociale

Quel drôle d'effet que de se lancer dans ce Lautner, réalisé une année avant le film pour lequel il est aujourd'hui célèbre (Les Tontons flingueurs), en y attendant une comédie gentillette et...

Lire la critique

il y a 5 ans

26 j'aime

5

Le Septième Juré
-Marc-
8

Lautner fait son Chabrol

Un meurtre fait apparaître l'hypocrisie méprisable de la bourgeoisie d'une petite ville de province. Pour éviter de fouiller parmi eux, tous s'acharnent sur le mouton noir, un jouisseur, séducteur et...

Lire la critique

il y a 5 ans

20 j'aime

2

Titane
JanosValuska
5
Titane

The messy demon.

Quand Grave est sorti il y a quatre ans, ça m’avait enthousiasmé. Non pas que le film soit  parfait, loin de là, mais ça faisait tellement de bien de voir un premier film aussi intense...

Lire la critique

il y a 10 mois

26 j'aime

5

Le Convoi de la peur
JanosValuska
10

Ensorcelés.

Il est certain que ce n’est pas le film qui me fera aimer Star Wars. Je n’ai jamais eu de grande estime pour la saga culte alors quand j’apprends que les deux films sont sortis en même temps en salle...

Lire la critique

il y a 8 ans

25 j'aime

6

La Maison des bois
JanosValuska
10

My childhood.

J’ai cette belle sensation que le film ne me quittera jamais, qu’il est déjà bien ancré dans ma mémoire, que je me souviendrai de cette maison, ce village, ce petit garçon pour toujours. J’ai...

Lire la critique

il y a 7 ans

23 j'aime

4