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Le 7e juré m'avait laissé un très agréable souvenir, un peu confus aujourd'hui que de longues années ont passé. Cette revoyure promettait un rafraîchissement des plus salutaires et sans aucun doute une bonne séance de ciné, or, aussi surprenant et décevant que cela puisse paraître, le film me semble un brin fadasse aujourd'hui.

Je ne parviens pas à apprécier comme il se doit ce petit film noir. Peut-être qu'habitué à un Georges Lautner plus souriant, enjoué, à des scenarii plus piquants, je me mets dans la position de chipoter, d'y revoir à deux fois avant de prendre un flagrant plaisir? V'la t-y pas que le film m’apparaît totalement dénué du moindre humour, désespéré, plombé par un fatalisme non pas ennuyeux mais affreusement plat!

Le personnage joué par Bernard Blier est intéressant a priori pour cet amalgame de malaise, de violence, de désir, de moralisme et de cynisme qui, pêle-mêle, vient encombrer sa raison. Il est bien paumé, comme il faut. Pourtant, je ne lui trouve que peu d'attrait. Il devrait être compliqué à souhait, une intrigue sur patte en costume trois pièces, un notable parmi d'autres, bouleversé par cette pulsion meurtrière, coincé par un sens de la justice pour le moins envahissant. Justement, je n'arrive pas à véritablement croire en ce personnage. Son instinct de survie est affadi, sans pour autant qu'il y ait une justification fondamentalement irrécusable. Je n'y crois pas et suis cette histoire sans y prendre part.

Curieux. Je devrais aimer ce film. Par bien des aspects, j'ai pu prendre plaisir à suivre tous ces bons comédiens. Cette reconstitution de la petite vie quotidienne provinciale dans une ville ordinaire est assez pittoresque et amusante aussi. À bien des égards, ce film fait penser à du Chabrol. D'ailleurs, ce dernier y réussit bien mieux avec le formidable "Les fantômes du chapelier" qui dit approximativement la même chose, mais avec tellement plus de flamboyance, de clarté et de puissance corrosive.

On pense également à Georges Simenon, cependant la voix-off du protagoniste est trop présente. Simenon n'aurait pas embarrasser son récit de l'auto-analyse du personnage central. Ou bien avec plus de subtilité ? Cette voix intérieure empèse le portrait social et intime.

On voit bien les bonnes intentions de cette production, mais sa maladresse gâchent le plus important. La finesse de l'exercice nécessaire pour ce type de projet fait par trop défaut au final. Dommage. Tentative louable de faire un bon film noir dans la poussière des mentalités françaises arriérées d'une bourgade coincée dans son train-train morose , mais tentative à peu près échouée selon moi.

Alligator
6
Écrit par

il y a 6 ans

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