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Voici une critique pas du tout prévue pour ce film. Parce que honnêtement, nous sommes tous unanimes sur la qualité du film (ce qui est rare), mais encore une fois, tout comme New Gods : Nezah Reborn, il est trop peu chroniqué, et surtout, personne de la sphère manga n'a critiqué ce film. Je résume : on a une adaptation d'un manga faite en France et aucun otaku ne se jette dessus ? Ok , ce n'est pas Demon Slayer ou One Piece (ou Evangelion parce que la série récente de films est passée sur Amazon Prime, alors que la série est sur Netflix, la logique) mais lui...0. Ok , le film vient de sortir mais quand même. Du coup , je me joins à la fête pour la critique du film qui confirme que l'animation à la française est toujours l'une des plus intéressantes au monde.


Quand mise en scène rime avec immersion



Ce n'est pas la première adaptation de manga réalisé en France. On connaît le coup d'essai réussi de Christophe Gans Cry Freeman, l'adaptation qu'on a un peu oublié de Jacques Demy de Lady Oscar (avant la sortie de l'animé, excusé du peu) et l'adaptation d'une œuvre de Jiro Tanigushi, Quartier Lointain qui est lui aussi oublié...

Oui. Je sais. Il y a aussi le film de Philipe Lachau Nicky Larson & le Parfum de Cupidon. Mais qui s'en souvient ? Il a fait son buzz et puis plus rien...


Cette fois, on est dans le domaine de l'animation, par Patrick Imbert qui a réalisé le film pour enfant le Grand Méchant Renard et autres contes que je recommande mais a été animateur sur Corto Maltese et directeur de l'animation Ernest et Célestine et Avril et le Monde Truqué (mais si vous les connaissez, ces films d'animations pour enfants et pour adultes qu'on arrête pas de parler tant ils sont géniaux !). Ici il est de retour à l'animation pour adultes (et je vous vois venir non. Quand je dis, pour adulte, je ne veux pas dire film de cul, mais pour un public visé plus adulte, un gosse peut regarder, mais l'histoire et les situations sont loin d'être enfantines) et quel film. Au départ, j'avais l'idée d'un film avec de l'animation sympathique comme son précédent film. Non. Ici , le montage se veut plus ambitieux. L'animation, sans aller dans le style manga se veut impactante. Le jeu de couleur à la fin est juste génial. Si on a au début une animation plutôt classique, le film ne fait que s'accentuer, mettant l'accès sur le drame que vivent les personnages. On ressent le vertige bien mieux que pour d'autres films live de montagne comme Everest (un bon élément de comparaison). C'est assez impressionnant de se dire, que c'est le même mec qui a réalisé le Grand Méchant Renard et autres Contes qui est très pour les enfants avec du burlesque à un film d'animation plus adulte et plus ambitieuse. Cela montre à quel point les réalisateurs de films d'animations ont vraiment un niveau incroyable. Sans vous spoiler, la fin du film est juste incroyable, le réalisateur a réussi à retranscrire et à rendre crédible, l'ivresse de l'altitude ! Sans compté la musique qui se fait discrète mais qui est juste bien utilisé. Et je ne parle pas des personnages qui sont vraiment intéressants.


Citizen Jôji



C'est assez compliqué de savoir qui est le vrai héro du film. Techniquement, c'est Fukamashi (doublé par Fabien Boisseau, la voix de Matt Damon, Sam Rockwell, Nicolaj Coster-Waldeau, Edward Norton et la liste est longue), le journaliste qui pour trouver un sujet intéressant tombe sur Habu Jôji, un célèbre alpiniste japonais qui aurait en sa possession, un mystérieux appareil photo. Un appareil qui pourrait confirmer que l'Everest avait été vaincu par Mallory et Irvin dans les années 20 , soit 30 ans avant Edmund Hillary en 1953. C'est un homme sympathique et déterminé dans son travail d'investigation. On aime le suivre dans sa quête pour retrouver Habu Jôji. Et quand il le retrouve, nous sommes avec lui dans son envie de le suivre en train de gravir l'Everest

Je spoile un peu mais il devra gravir l'Everest pour avoir l'appareil photo


Bref, dans les faits, c'est le vrai héro du film. Mais le personnage qu'on suit le plus, c'est Habu Jôji

En parlant de lui, doublé par Lazare Herson-Macarel et (je suppose) son père Eric Herson-Macarel (qui est la voix de Daniel Craig, Mark Strong , Willem Dafoe, Robert Carlyle et Matt Dillon), c'est un grimpeur consciencieux, solitaire et un peu misanthrope, qui grimpait au début par passion, mais progressivement par défi. D'abord en tandem et par la suite en solitaire où il deviendra malgré lui un rival pour Hase Tsuneo (Mark Arnaud), un grimpeur japonais comme lui qui veut aussi monter l'Everest.
Les autres personnages sont très secondaires et anecdotiques. Mise à part le jeune garçon du club d'alpinisme (je ne me souviens plus de son prénom, section commentaire si vous trouvez) et dans le dernier tiers du film, le sherpa Kishi qui lui a vraiment existé.


De film d'enquête à tentative sérieuse.



Le film peut se diviser en 2 parties. La première est la quête de Fukamachi qui recherche Habu Jôji et son appareil photo et la deuxième est l'escalade de l'Everest sur la face sud-ouest. En effet, le film se déroule des années après la montée par Edmund Hillary et Habu Jôji veut tenter la monté en solitaire dans la face réputée la plus difficile. Je sais que beaucoup vont le comparer à d'autres films sur l'alpinisme comme Cliffangher ou Everest (évidemment). Ce film parle bien plus de l'univers de l'alpinisme dans le sens large. En effet, Habu Jôji est loin d'être un inconnu car lui aussi a voulu tenter l'Everest. On voit la préparation, les précautions, la distinction entre monter en solitaire ou en tandem mais aussi l'état d'esprit des alpinistes. J'ai entendu dans Pardon le Cinéma, une remarque qui m'avait pas sauté aux yeux que le film exploite bien le contexte social et le faite que l'alpinisme soit une activité surtout pratiqué par les nantis. Je ne vais pas remettre en question ce jugement et même si le contexte social n'est pas très mis en valeur, il est quand même présent.

Les anciens partenaires du club d'Habu Jôji était des salarymen et même son premier coéquipier d'Habu Jôji est devenu grand patron des années après avoir abandonné l'escalade. Là où Habu était un petit employer qui devait durement gagner de quoi se payer de l'équipement.


Le film exploite aussi les raisons pour lesquels les alpinistes grimpent. Qu'est-ce qu'il y a après avoir vaincu le Mont Blanc, le K2 ou l'Everest ? C'est une question que beaucoup se posent et que le film répond. Je dirais même que Georges Mallory a déjà répondu des années auparavant :


« Parce qu'il est là »


Ce film c'est pareil, il exploite l'état d'esprit des grimpeurs , d'Habu et même de Fukamashi qui dans la 2e partie prend par à sa tentative. Et quelle récompense en tirer. C'est même un film qu'Anal Genocide pourrait voir et en tirer une analyse philosophique dont il a le secret, car je pense que ce film enseigne une morale inverse d'Ad Astra. Oui, les 2 films sont très différents mais ils ont en commun un personnage avec une obsession approchante et le même questionnement. Ce qui est fort est que le film adapte apparemment les 5 tomes du manga et est compréhensible. Peut-être que comme le sujet est assez terre à terre , il a été plus facile à adapter. Du coup, au niveau de l'écriture , le film est bien fait.


Bonne adaptation de manga



Bref, vous l'aurez compris, ce film est une bonne adaptation du manga de Jiro Tanigushi et raconte une histoire fictive en lien avec un événement bien réel, la montée de l'Everest de Mallory. Ce qui est bien est que bien que les personnages soient fictifs, on a aussi un personnage réel (le sherpa Kishi qui est décrit comme un vieux guide pas stéréotypé du tout) et le rival Hase Tsuneo qui est inspiré d'un vrai alpiniste japonais, Tsuneo Hasegawa qui est aussi célèbre japon

Et qui finit comme dans le film


Ceci dit, ce n'est pas la première étant donné qu'en 2016 , un film live, Everest, le Sommet des Dieux est sorti au Japon. Pa contre, je trouve curieux qu'aucun vidéaste spécialisé manga n'a à ce jour sorti de vidéos pour critiquer ce film. Bref, une adaptation surprenante que je recommande vivement.

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