Oh l'Art m'a tuer.

Avis sur Le Syndrome de Stendhal

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A force de mettre en valeur les Arts dans ses films, il n'est pas surprenant que Dario Argento finisse par le placer au centre d'une de ses intrigues. En 1996, déjà loin de sa gloire d'antan, "le Maestro" retrouve, avec Le Syndrome de Stendhal, une once de génie pour nous offrir un œuvre efficace et éprouvante.

L'art, dans "La Sindrome", captive, subjugue, au point d'en devenir source de psychose pour son actrice fétiche, sa fille, la belle Asia, dont le personnage est capable, contre son gré, de se projeter à l'intérieur même des toiles et des sculptures. Une forme extrapolée du dit syndrome (qui existe bel et bien), qui sied ici de façon plus qu'idéale à l'univers du réalisateur.

Ces chefs-d’œuvre de l'Art, de Florence à Rome, contribuent à appuyer efficacement l'ambiance du film, Argento utilisant notamment comme théâtre de ses premières scènes le magique Musée des Offices. Le réalisateur y retrouve son talent de mise ne scène. Lorsqu'il filme de très près les moindres détails du divin Printemps de Botticelli, on l'éprouverait alors presque, ce fameux syndrome de Stendhal.

Mais le film est aussi et surtout le récit de la dégénérescence progressive d'une femme, malmenée physiquement et psychiquement par sa maladie et par les tortures que lui infligera un violeur à l'intelligence diabolique. Dario fait violer sa propre fille, la soumet à des traumatismes tels que le Mal finira par la contaminer, contamination par le coït forcé mais aussi par les cicatrices que le tueur laisse avec un plaisir sadique sur sa peau. Telle une tragédie, la folie du personnage d'Anna Manni semble inévitable, aucun recoin ne peut la préserver du mal, et toutes ses sources d'espoir semblent inefficacse face à la terrifiante puissance de la corruption. On notera à ce sujet les intéressantes entretiens avec son médecin psychiatre.
Si Asia se montre peu crédible dans la peau de la femme flic, car trop jeune et peu sure d'elle, elle sait être convaincante en femme fragile à l'instabilité grandissante.

Les très bonnes compositions de Morricone appuient avec force ce sentiment d'oppression qui habite le film.

Certes moins mémorable que les œuvres qui ont construit le "mythe" Argento, parfois quelque peut maladroit (l'utilisation de GI cheapos fait franchement tâche, aujourd'hui) et confus, le Syndrome de Stendhal reste une réussite, entre beauté poétique et violence particulièrement crue. En 1996, la virtuosité du Maestro n'avait pas totalement disparu.

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