Du cinéma impérialiste au pays des élites.

Avis sur Le Terminal

Avatar Romain Massa
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Dans le monde de Monsieur Spielberg, dans le monde des élites américaines, on croit aux belles histoires. Une histoire dans un aéroport, le projet est ambitieux mais ce n'est pas un simple aéroport. C'est un aéroport américain, il est donc propre, luxueux, les gens sont gentils, les filles sont belles et les fonctionnaires sont agréables. De l'autre côté, on a un type de l'est donc forcément un abruti fini qui n'est bon qu'à clouer des planches. Mais cet abruti , il est quand même gentil, bien serviable. Le colonisé des temps modernes en somme. Il est tellement demeuré qu'il n'arrive pas à pousser une porte, par peur d'être vu par une caméra. Et pourtant, l'Amérique est fantastique, alors, un aéroport va devenir le lieu d'un American Dream. En quelques jours, cet imbécile, va réussir à apprendre l'anglais (grâce à trois livres trouvés dans une boutique), il va trouver un travail et tomber amoureux. Mon dieu que c'est mielleux, mon dieu que c'est con. Cet aéroport a tellement voulu être idéalisé que ça en devient gerbant. Un film de propagande comme on les aime dans une Amérique multiculturelle intégralement fantasmée (on trouve un restau chinois, mexicain, allemand, italien et le traditionnel Burger King) où tout le monde est heureux. Sans oublier évidemment la dose de sensationnalisme quand le connard devient un héros ou lors de la demande en mariage du type qui conduit les chariots. Aux Etats-Unis, on peut donc ne pas parler anglais, vivre dans un aéroport sans un sous, avoir des réflexions de gamins de trois ans et être apatride mais bon c'est pas grave... Tu peux quand même séduire une bombe atomique et devenir un héros. Bref, Spielberg reprend les classiques du cinéma américain, heureusement que les deux acteurs principaux (Zeta Jones et Hanks) portent plutôt bien cette catastrophe cinématographique. C'est vraiment dommage car l'idée est bonne et il y avait matière à faire mais c'est un film d'un autre âge. Seul regret, Spielberg aurait pu boucler la boucle en mettant un feu d'artifice et des applaudissements nourris de badauds subjugués à la fin.

Ah oui, j'oubliais le clou du spectacle, l'intervention de ce russe complètement dégénéré qui menace de se suicider s'il ne transporte pas des médicaments. Incapable de comprendre qu'il faut des documents, il se met à supplier le maître américain. Franchement indigeste !

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