Un plaidoyer objectif pour un rongeur autrefois abondant en France

Avis sur Le cas du castor

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Le film débute en région parisienne où des traces de castors (entaille des arbres et branches en sablier) ont été découvertes sur les berges de l’Essonne : cette rivière de 101 km de long, affluent rive gauche de la Seine, est issue de la confluence de l’Œuf et de la Rimarde, rivières du Loiret dont les sources sont situées en forêt d’Orléans. Le castor (Castor fiber) a failli disparaitre alors qu’il était abondant en France et en Europe pendant l’époque gallo-romaine, imprégnant même la toponymie (Bièvre, Beuvron) comme l’indique Rémi Luglia, professeur agrégé d’histoire à l’université de Caen et dont la thèse (2012) s’intitule « L’émergence de la protection de la nature en France (1854-1939) ». Son déclin débute au XIIe s en raison des dégâts qu’il occasionne aux arbres et devient alors nuisible. Au début du XXe siècle, il est localisé (quelques individus) à la Camargue. En 1909, il devient protégé dans 3 départements et en 1968 dans toute la France. C’est alors que dans les années 1980’ des naturalistes passionnés décident de transporter des castors du Rhône à Blois, sur la Loire. On pense d’ailleurs que c’est à partir de la Loire et du Loiret qu’il est remonté en région parisienne. C’est un rongeur (le plus gros d’Europe) végétarien (feuilles, racines, écorces). Il marque son territoire en imprégnant les arbres du contenu d’une glande située près de l’anus, le castoréum. Dans les Deux-Sèvres, il est présent dans le Thouet, rivière de 142 km de long et affluent rive gauche de la Loire. Il est aussi responsable de dégâts : 650 peupliers coupés en 3 mois, soient 20 000 € de pertes, les protections autour des troncs contre les chevreuils étant inefficaces. Une véritable épée de Damoclès au-dessus de la tête du populiculteur pendant 15 à 18 ans. Son autre défaut est de construire des barrages (avec des troncs et des branches) afin de créer une zone où le niveau de l’eau est élevé et constant, lui permettant de construire son terrier dont l’entrée est sous l’eau. Cela crée ainsi des zones humides qui peuvent paraitre dévastées mais constituent un refuge pour beaucoup d’animaux. On voit ainsi des techniciens créer une brèche dans un barrage et installer un tuyau pour le passage de l’eau. Bénédicte Felter rédige une thèse à l’université de Lille sur la cohabitation entre les hommes et les castors. Un excellent documentaire qui reste objectif en exposant les avantages et les inconvénients de la protection du castor, tout en insistant sur le fait que la solution est la cohabitation.

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