Pas facile d'être un ado dans une famille rebelle

Avis sur Leatherface

Avatar Fatpooper
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Arf, pas terrible.

C'est bien de vouloir se démarquer de la franchise en proposant un nouveau terrain de jeu. Mais en jouant sur le mystère (on ne sait pas qui est Leatherface - enfin si, on devine très vite, les auteurs prennent vraiment leurs spectateurs pour des cons) et en approfondissant si peu les situations, on se retrouve avec un truc tellement bancal qu'on se demande si tout cela en valait la peine ? Ben oui, si c'est pour ne rien proposer de très savoureux dans cette clinique ni même lors de cette fuite, autant rester à la ferme et jouer avec les codes habituels de la saga. En plus, la personnalité du petit Leather (qui ne sera pas petit très longtemps, hélas), ne colle absolument pas, on tombe dans un pathos assez facile et malvenu là où les auteurs auraient pu approfondir un côté hyper malsain. Je pense que ce film aurait pu être une réussite. Sans nécessairement aller dans l’hôpital psychiatrique (ç'aurait pu faire l'objet d'une suite à ce film dont j'ai rêvé), juste en exploitant la demeure habituelle mais avec un gosse qui découvre le plaisir de tuer.

Le plaisir de tuer, ouioui ! Evidemment, c'est un peu plus choquant que de montrer un Leatherface qu'on peut presque excuser d'être devenu un monstre. C'est idiot de vouloir justifier de vouloir absolument chercher la compassion des spectateurs. On peut très bien apprécier un personnage pour ce qu'il est, même si c'est une ordure. Mais ça n'aurait pas été politiquement correct, n'oublions pas que nous vivons dans un monde où l'on ne peut pas faire une blague raciste, où l'on ne peut pas faire une sélection de films à un festival sans nominer au moins une femme... juste parce qu'il le faut. Ne cherchons pas à comprendre ne cherchons pas à justifier quoi que ce soit.

Et donc on dirait que ce film a été réalisé pour ne pas choquer. D'ailleurs le film est terminé et je n'ai en mémoire qu'une mise à mort : quand Bud tambourine sur la fenêtre avec la tête du dirlo. Pour le reste on ne voit pas grand chose,. Il y a quelques idées intéressantes et, je l'admets, une ambiance un peu glauque, mais ça reste trop édulcoré malgré tout, trop propre, trop sage, trop gentil. Le montage est un peu trop rapide, faut dire qu'il y a beaucoup de scènes, du coup tout va trop vite, les réalisateurs ne prennent jamais le temps d'approfondir leur ambiance, c'est juste là comme une toile de fond. Le casting m'a un peu surpris : Lily Taylor et Stephen Dorf, c'est surprenant ! Ça gâche un peu le film parce qu'on les reconnaît et en plus Dorf a droit à une mise à mort plus qu'anecdotique (heureusement il a pu s'amuser un peu avant en jouant ce flic un brin sadique par moment). Notons également des effets à l'ancienne agréables pour le peu de temps qu'on les voit.

Bon y a quand même des idées intéressantes de temps à autres. J'aime le rapport à la peau (la tarée au corps brûlé). Une intrigue horrifique dans une clinique psychiatrique, ça fait toujours son effet aussi. Y a Bud qui est marrant. Mais bon... dès la première scène avec la tronçonneuse on comprend que ça va être décevant. Ce n'est ni assez horrible pour avoir peur, ni assez grotesque pour être rigolo. Reste quelques idées Z (se cacher dans la vache, scène absolument pas crédible mais qui fait sourire surtout que ça a l'air d'être voulu comme sérieux).

Bref, c'était pas top.

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