It was [not] fantastic

Avis sur Les 4 Fantastiques

Avatar Boris_Biron
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Fantastic Four. Ces deux mots évoquent, côté face, la première famille de super-héros, qui a marqué à la fois la première collaboration prolifique de Stan Lee et Jack Kirby, mais aussi le lancement de l'ère moderne du mastodonte Marvel comics, le Silver Age des comics, et plus récemment un run marquant de Jonathan Hickman. Côté pile : trois films (dont un avorté) représentant le pire de l'adaptation, mais aussi des personnages mis au placard par Marvel Comics malgré un potentiel formidable et des personnages passionnants, pour éviter de soutenir une licence dont les droits ciné ne leur appartiennent plus. Ainsi, fait unique pour le mois de sortie d'un film consacré à leur héros, aucune sortie n'est à signaler.

Si ces précisions sont importantes, c'est parce que le film est indissociable de la principale raison de sa mise en route : éviter à la Fox que Marvel récupère les droits. Pas faire un film de qualité, ou même, semble-t-il, faire de l'argent. D'où la date de sortie qui ressemble à une condamnation à mort et la promotion minable qui a conduit le film à l'échafaud. Mais aussi l'ingérence d'un studio et des producteurs, qui ont charcuté le film au montage et écarté le réalisateur du tournage de certaines scènes.

La messe pourrait être dite. Un film minable de plus sur les Fantastic Four. Pourtant non. Car le film avait du potentiel. Car l'on pouvait considérer que la franchise était inédite au cinéma vu les daubes précédentes, et que le potentiel d'histoires n'était pas encore exploité : de la vraie science-fiction, des concepts barrés de dimensions parallèles, de voyages dans le temps et l'espace, du Silver Surfer - personnage le plus lyrique de Marvel - etc. Car Josh Trank avait réalisé un premier film intéressant sur les super-héros (Chronicle), qu'il adopte ici certains partis pris d'image et de narration qui montrent qu'il était le bon choix. Car le casting, enfin, avait tout pour lui.

On pourrait y croire, pourtant, en voyant la première partie. L'enfance des personnages, leur caractérisation, leur quête, sonnent juste, lorgnant allègrement du côté de Spielberg certes, mais de manière efficace, comme Super 8 avait su le faire. Soudain, le film devient beaucoup plus sombre, les personnages prennent de la gravité, on sent une tension, un enjeu et l'on se surprend à espérer quelque chose. C'est lorsque le film tente de devenir un film de super-héros lambda qu'il devient lourd, avec des choix incompréhensibles de montage et de réalisation, de narration (un "one year later" qui n'apporte rien), des dialogues niais au possible, un esthétisme douteux (Dr Doom en tête) et même une action décevante (le combat final est un sommet de chorégrahie ratée). Et au milieu de tout ça, des acteurs qui se demandent ce qui leur arrive. Malgré des fulgurances (les références à Akira) qui éclarcicent l'horizon, difficile de distinguer autre chose qu'un énorme gâchis qui se conclue par un final incroyablement affligeant.

Peut-on être déçu par un film que l'on attendait pas ? Assurément non. Mais on peut être en colère contre un studio qui détient des droits de qualité qu'il s'acharne à garder pour n'en faire que des films sabordés. Il faut se faire une raison : nous ne sommes pas prêts d'avoir un Silver Surfer à la hauteur.

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