Quand Tarantino s'auto-caricature

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Franchement, parler de ce long-métrage est assez compliqué, parce que d'une part il y a toujours cette réponse tautologique à toute critique "c'est du Tarantino, c'est comme ça", et d'autre part le film est particulièrement encensé pour des raisons qui m'échappent.

Qu'on ne m'y méprenne pas, je suis particulièrement fan du travail du bonhomme. Il sait instaurer des moments de tension comme personne d'autre, il sait gérer le rythme de ses films, les dialogues sont toujours d'un savoureux appréciable, et les acteurs sont toujours parfaitement triés sur le volet.

Enfin, toujours jusqu'à maintenant. Rarement je ne me suis autant fait chier sur un film. Faire un huit-clos de trois heure de long typé western, j'achète. Mais faire un huis-clos aussi long sans un pet de tension, là ça pose problème. Là où les scènes en huis-clos d'Inglorious Basterds ou encore de Reservoir Dogs étaient puissantes, ici on attend juste qu'il se passe enfin quelque chose.

C'est long. Mais looooong. C'est long à n'en plus finir. D'habitude c'est ça que j'aime chez Tarantino, l'apprentissage de la patience et la finesse de ne pas faire tout péter tout de suite. Mais ici ça ne prend pas vraiment. On est juste là, face à des personnages qui parlent parfois pour ne rien dire, face à un scénario qui n'avance pas des masses (sur trois heures, il n'y a que deux grands retournements de situation), et au final face à des personnages qui se vendent face caméra en l'absence d'un scénario rythmé et conditionné par des événements extérieurs.

Alors on attend. Ce n'est pas forcément indigeste non plus, mais au bout d'un moment on a compris que Michael Madsen ne servait à rien, que Tim Roth était une repompe d'un personnage de Django, que Samuel L. Jackson était le "négro" de service. On aimerait que ça avance, que l'intrigue évolue.

Et au final, quand le pétage de plomb (trop) habituel survient (ben oui, au bout d'un moment Tarantino se répète dans son cheminement), ça dure 10 secondes à tout casser et on ne ressent jamais vraiment la tension des anciens longs-métrages du bonhomme. Encore une fois, ce qu'il arrivait à faire sur UNE scène d'Inglorious Basterds semble irréalisable ici.

Pour évoquer quand même des points positifs, je dirais que le casting et la VF sont très efficaces, et qu'il y a un réel plaisir à déguster les maigres panoramas sans bandes noires. Par contre, au risque de me faire critiquer vivement et fougueusement, elle est où la musique d'Enio Morricone ? Non parce qu'au final, si c'est pour avoir 45 secondes de musique sur le film, autant engager le roumain du coin.

Si je devais résumer toutes ces idées balancées sans fil rouge sur cette critique, je dirais simplement que ce film est étonnant. Etonnant parce que sur le papier il a tout pour être bon : belle image, compositeur de renom, personnages intriguants ... Sauf que lorsqu'il s'agit de tout assembler ensemble, la sauce ne prend jamais vraiment, et on se retrouve avec un huis-clos sans grande tension et sans grandes émotions. Pas un ratage complet, mais certainement pas -pour MA PART- un chef d'oeuvre comme j'ai pu le lire ici et là

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