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Avis sur Les Amants du Capricorne

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Critique publiée par le

Alfred Hitchcock a souvent eu tendance à renier ses œuvres qui n'avaient pas connu le succès, et "Under Capricorn" en est le parfait exemple. Sorti en 1949, ce film en costumes entraîna la faillite de sa société de production, et avec le recul, Hitch regretta publiquement de l'avoir tourné !

Le casting masculin est doublement décevant, et ni Joseph Cotten ni Michael Wilding ne sont convaincants dans l'absurde triangle amoureux qu'ils forment avec Ingrid Bergman. Cette dernière incarne une femme de la haute société qui a refait sa vie en Australie dans les années 1830 avec un ancien bagnard, et une bonne partie de l'intrigue est consacrée à cette lutte des classes typiquement britannique qui a émigré vers "la Nouvelle-Galles du Sud" en même temps que ses habitants.

Outre le casting, le gros souci de ce long métrage, c'est qu'il ne fait que recycler de vieilles idées. La gouvernante machiavélique semble toute droit sortie de Rebecca (1940), l'histoire de l'empoisonnement progressif rappelle la fin des Enchaînés (1946), et le personnage d'Ingrid Bergman est terriblement similaire à celui qu'elle interprétait cinq ans plus tôt dans Hantise. Tout comme dans La Corde (1948), Hitchcock prend un malin plaisir à filmer de longs plans-séquences, et s'ils ne sont pas tous palpitants, on retiendra tout de même le monologue déchirant d'Henrietta ainsi que la scène dans le hall d'entrée où l'intendante retourne habilement Sam Flusky contre sa femme.

Mais LA scène marquante des "Amants du Capricorne", c'est évidemment ce court passage proche du cinéma d'horreur où Ingrid Bergman fait semblant de dormir, pendant que la bonne trifouille dans ses affaires : son œil s'ouvre, se ferme, puis s'ouvre à nouveau, et l'espace d'un instant, Hitch nous rappelle qu'il est le roi incontestable du suspense. Malheureusement, cela ne dure pas bien longtemps, et dès que le mari fait irruption dans la chambre, la tension retombe subitement.

Il y avait pourtant du potentiel dans cette histoire. Tout d'abord, Hitchcock aurait pu nous dépayser avec de magnifiques paysages australiens plutôt que de se borner à tout filmer dans des studios anglais. Ensuite, puisque l'adultère semblait être un des thèmes majeurs du scénario, il fallait y aller à fond et ne pas se limiter à un chaste baiser. Mais sa plus grosse erreur est évidemment de ne pas avoir insisté plus lourdement sur l'alcoolisme d'Henrietta et sur ses crises de delirium tremens : Hitch avait là une idée géniale pour jouer avec les nerfs du spectateur, mais il n'a fait que l'effleurer...

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