Le fantastique-four attendu n’en est pas un!

Avis sur Les Animaux fantastiques

Avatar iori
Critique publiée par le

Il y avait tout pour faire peur dans cette reprise d’Harry Potter avant la lettre, et même le joli casting promettait de belles déceptions.
Luttant contre le sort et les mauvais sorciers, le film arrive à tenir la route, et on ne peut que s’en féliciter.

Placer l’histoire avant la saga originale, dans l’Amérique des années 30 permet de limiter la comparaison: autre lieu, autre époques, autres mœurs. Le point commun reste l’existence de la magie, et la difficulté pour les sorciers de se positionner par rapport au monde “ordinaire”.
Le contrat est rempli: “les animaux fantastiques” arrive à nous faire croire à son univers, et même si une petite voix essaie de nous dire qu’il y a sans doute des incohérences avec la suite, on refuse de les chercher pour se laisser porter.
D’abord grâce à un New York plein de charme, où nos sorciers trainent leur style old school qui paradoxalement nous donne une impression de nouveauté par rapport à ce qu’on connait déjà.
En plus, la vapeur et renversée puisqu’on se promène davantage dans le monde ordinaire que chez les sorciers. Du coup l’aspect “plongée dans un nouvel univers” demeure, et on y retrouve un peu de ce qui faisait le sel du monde des sorciers.

Les animaux sont convaincants, attachants pour certains, drôles par moments, mais toujours inoffensifs comme le certifie notre professeur tournesol (c’est à dire quasiment toujours dangereux…). Parce que notre héros est un original, de ces scientifiques tellement absorbés par leur sujet qu’ils en deviennent inadaptés à la société. Il est de ces héros décalés pour lesquels on aime avoir de l’affection. C’est d’ailleurs ce qu’on comprend très vite, quand un plan vient trouver le jeune Dragonneau assis sur un banc, rappelant un certain gars qui courait vite.

Les acteurs sont beaux et on a envie de les suivre, ils portent admirablement bien leurs redingotes, et on aurait envie de les revoir pour profiter un peu plus de l’univers qu’ils composent.
Pourtant les personnages sentent le stéréotype à 50 km à la ronde et c’est bien dommage.
Colin Farrel est vêtu de noir, il jouera donc le mec taciturne qui a quelque chose à cacher (ou à prouver?), mais n’étais-ce pas déjà le cas de Rogue?
Eddie Redmayne reste pour moi une énigme: j’aime voir son minois atypique, il porte admirablement bien ses costumes, il est parfait pour le rôle du gars marginal et un gauche autant au milieu que sur les bords, mais je n’arrive jamais à savoir s’il joue bien ou si son physique seul me le rend sympathique.
J’ai toujours l’impression que son jeu se résume à “je penche la tête pour montrer que je suis timide”, et j’ai le regard fuyant pour montrer ma particularité. C’est comme s’il ne faisait que des rôles de personnages atypique, et qu’il balbutiait sans arrêt le même jeu.
N’empêche qu’il a la gueule de l’emploi, et que sa silhouette maigrichonne contribue à l’esthétisme du film.
La fille qui l’accompagne, dont je ne connais pas le nom est quelconque, mais c’est ce qu’on lui demande, et elle a un air naturel qui plait, on espère pour elle qu’on apprendra à la connaître à l’avenir parce qu’elle n’a pas eu beaucoup d’occasion de s’exprimer.
En opposition, Ezra Miller est affublé de la pire coupe de cheveux et du pire prénom de la galaxie qui viennent souligner son faciès déjà si particulier, comme pour appuyer son mal de vivre.
On touche là le gros problème avec les personnages: ils portent sur eux leur caractère et ont peu de choses à révéler qu’on ne voit dès le premier coup d’oeil.
Ce manque de subtilité rend sans doute l’intrigue plus accessible à toute sorte de public, mais nous dit aussi qu’on reste dans un univers très balisé.

Niveau effets spéciaux on en prend plein les yeux, et on apprécie le soin apporté aux images qui contribue à la réussite du film.
Les dialogues sont bons, quelques situations ou répliques drôles font mouche.
Côté histoire, ça démarre lentement mais ça permet d'asseoir un peu le nouvel univers, et puis vient l’heure de l’affrontement, les destructions, les révélations, et tout s’accélère comme s’il fallait absolument sortir de la cellule avant la fin de la clepsydre.
On pouvait deviner certains rebondissements finaux, mais on pouvait difficilement anticiper le tout ce qui permet de garder un petit effet de surprise qui contraste avec l’hyper prévisibilité du reste. C’est à ce moment là par contre que le public qui n’aurait rien anticipé doit se sentir un peu perdu par l’afflux soudain d’informations alors qu’on l’a laissé voguer lentement pendant plus d’1h30 de film juste avant.

Dans l’ensemble la surprise est agréable, le film est parvenu à créer un univers cohérent auquel on veut croire et qu’on aimera retrouver, comme on aimait retrouver régulièrement la première volée de films: même quand les adaptations étaient décevantes, l’univers proposé valait le détour.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 369 fois
1 apprécie

Autres actions de iori Les Animaux fantastiques