Le Silmarillon de Rowling ?

Avis sur Les Animaux fantastiques

Avatar Matt Jagger
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Quelques spoiler dans cette critique, sachez que je recommande fortement Les Animaux Fantastiques (si vous êtes déjà fan de l'univers Poterrien, c'est sans problème)

Je dois dire que, comme beaucoup, je suis très agréablement surpris par ce nouveau cru issu de l'univers de JK Rowling. Je tiens à dire en premier lieu que ce Fantastic Beast m'a réconcilié avec David Yates : j'avais relativement peu apprécié ses adaptations d'Harry Potter, mais sans doute cet exercice se révéla bien complexe pour un réalisateur qui, rappelons-le, débutait alors sur le grand écran. Et je pense que le défaut majeur du 5/6/7/7.5 provenait avant tout de la déception, pour moi et pour beaucoup d'autre, de voir les richesses des derniers tomes aussi appauvris et mis dans un lit de Procuste. Peut-être le problème était-il, après tout, insolvable, en attendant les remake de 2030. Bref nous verrons.

Ici, notre homme a plus de temps et plus de liberté aussi, l'exercice n'est plus le même, le grand public s'aventurant dans les salles obscures ne sachant rien de ce qui va lui être servis. Tout d'abord, chapeau pour l'ambiance : plus sereine, plus calme sous un certain angle avec des séquences plus posées, on prend le temps d'installer le paysage en le dotant d'un climat assez particulier, avec des séquences qui m'ont rappelé le Prisonnier d'Azkaban avec ce côté sombre et gothique. Ce New York des années 20 demeure fidèle (tout du moins je le pense, sans être expert en historiographie de la grande pomme), la visite reste des plus agréables, avec un gros coup de coeur pour le bar Jazzy et les diverses scènes d'intérieur. La richesse des plans, qui regorgent de petits détails, ravira les junkies de la magie Rowlingienne adeptes des petits éléments du quotidien des sorciers.
Seul bémol à mes yeux, le rythme n'est parfois pas des plus haletants, il y a je pense matière à critiquer sur ce point. Sans cela, ma note aurait probablement était plus élevée, même si elle dépend de la suite de la saga désormais sur les rails.

Concernant les acteurs, c'est du très bon, j'ai trouvé chacun en adéquation avec son personnage

et j'attends impatiemment de voir Johnny Depp à l'oeuvre !

Le personnage "plus ou moins" principal, Norbert Dragonneau, est attachant, et Eddie Reydman rend parfaitement crédible cet étrange individu, bien plus à l'aise avec ses créatures qu'avec les humains qui l'entourent. Les personnages des deux soeurs sont vraiment sympathiques, sans oublier notre ami NonMaj, qui se révèle être bien plus qu'un simple comique mis la simplement pour meubler. On évite ainsi les écueils récurrents du stéréotype classique de personnage prétendument-drôle-mais-enfaite-super-lourd-limite-je-me-sens-gêné-pour-l'acteur que l'on trouve dans beaucoup de film

Enfin, saluons notre chère Madame Rowling, qui nous écris là un scénario des plus réussis, et qui j'espère, accouchera d'une saga à l'histoire riche.Car finalement, l'intrigue des animaux fantastiques se révèle être sympathiques mais secondaire et vite expédié. Les véritables interrogations que suscitent ce premier épisode sont : vers où se dirige t-on ? Car en fond de montée des tensions et du fanatisme, à n'en pas douter le film n'était qu'un prémisse à des évènements bien plus sombre.

Hypothèse et théorie

A n'en pas douter, il est évident que Grindelwald occupera une place de premier plan dans cette saga qui s'annonce, et donc, Dumbledore. Maiis dans quel cadre ? Et quel rôle pour le célèbre directeur de Poudlard, qui, comme nous l'a montré l'ouvrage polémique de Rita Skeeter, n'était pas tout à fait l'homme bon et angélique des 6 premiers tomes Potterrien ?
Il est évident, tout du moins je l'espère, que les enjeux ne se résumeront pas à cette seule relation G/D : il y a fort à parier que de nouveaux personnages secondaires et leurs intrigues apparaîtront (j'ai comme l'impression que notre chère Nicolas Flammel sera de la partie ;) ), et que nous recroiserons certains protagonistes des Animaux Fantastiques. Enfin, la période qui sera vraisemblablement traitée sera celle des années 30/40 : à n'en pas douter, la montée des totalitarismes et la Seconde Guerre Mondiale auront un impact, le présent film n'hésitant pas à briser la barrière entre le monde des sorciers et celui des moldus (ou devrais-je dire). Aura t-on des Jeux des Sorciers édition 1936 ?
Enfin, il est évident que nous voyagerons et explorerons d'avantage le monde crée par JK Rowling : ce film n'est pas (que) un simple moyen de rapporter du fric. A ce titre le message de fin et l'éclatante déclaration d'amour (dans tous les sens du terme ! (et j'adore ce couple !)) de l'écrivaine britannique à l'imagination, et à l'échappatoire qu'elle offre, en est la preuve. Évidemment, il y a du mercantilisme derrière, mais je ne pense pas qu'il s'agisse véritablement d'une banale commande de la Warner.

Pour conclure, je dirais que je suis satisfait, et surtout, heureux et emballé, car cela faisait un moment que je n'étais pas sorti d'une salle avec des amis en théorisant à tout va avec excitation sur la suite des évènements. A n'en pas douter, voilà un signe que ce film parvient à installer positivement de seines bases pour une suite que j'espère bonne.

PS : Quidditch please.
De la part d'une victime du Syndrome de la Coupe du Monde de Quidditch du quatrième volet.

PSPS : pardon pour l'expression lit de Procuste, je viens de la découvrir, je vous met un lien explicatif : (http://www.expressio.fr/expressions/un-lit-de-procuste.php). Au passage, je trouve que ce petit myhte colle parfaitement aux problèmes des adaptations du jeune sorcier.

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