Big Trouble in Little China

Avis sur Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du...

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Les coopérations entre John Carpenter et Kurt Russell sont étonnantes. On parle souvent d’autres duos acteur/réalisateur désormais légendaires (Herzog et Kinski, Burton et Depp, Fincher et Pitt, Scorsese et De Niro ; bien d’autres également) mais, John et Kurt vibrent sur la même longueur d’ondes, comme s’ils n’étaient que deux facettes de la même personne. Lorsqu’ils travaillent ensemble, tout fonctionne à merveille et semble couler de source. Chacun compose avec ce que l'autre attend de lui. Sur le plateau, aucun ne déçoit l’autre ; de même qu'à l'écran, le spectateur n'est pas déçu.

Russell interprète avec brio un personnage dont l’écriture est simple : si le film s’était déroulé dans un environnement “occidental“ classique, il aurait été l’homme de la situation. Cependant, les lois (tant physique que culturelles) ne sont pas les mêmes à Chinatown : hors de ses repères, de sa zone de confort, il ne l’est pas. Dans une géniale candeur, il ne comprend pas un seul instant ce qui lui arrive. Il subit littéralement les environnements et situations dans lesquels il se trouve. Inarrêtable machine à punchlines, mais aussi réservoir infini de gags visuels - Carpenter fait franchement dans le burlesque - il incarne dans Big Trouble l’exact inverse de ce qu’il devrait être (et de ce qu’il a été a de nombreuses reprises, notamment chez Carpenter : The Thing, New York 1997, …)
Big Trouble ayant été pensé comme une parodie et une critique de l’industrie hollywoodienne de l’époque, il n’est pas étonnant que le film ait été (très) mal reçu tant par la critique que par le public. Le personnage de Jack Burton renvoie de façon impertinente à l’Amérique son ethnocentrisme lorsqu’elle est au contact de l’autre, de l’inconnu. Le regarder de nos jours en étant conscient de ce que l’on doit au cinéma asiatique, c’est sans doute aussi se moquer des occidentaux de l’époque.

L’ambiance visuelle générale est agréablement kitsch - un temple chinois avec empli de néons, entre autres -, il y a beaucoup trop d’ascenseurs qui descendent (ce qui déstabilise beaucoup le pauvre Jack) ; le sidekick de Jack maîtrise étonnamment bien le kung-fu. La plupart des effets spéciaux ont bien vieilli, notamment ceux autour du Mandarin, seuls les éclairs et autres projections lumineuses paraissent un peu datés.
Un unique regret : la bande originale ne fait preuve ni de la qualité habituelle du travail musical de Carpenter, ni du côté parodique du film, se plaçant dans un entre deux-mou et plutôt oubliable.

Enfin, n’oublions pas de noter le pied de nez ultime à la conception classique du love interest hollywoodien. Jack a “délivré la princesse“ - et même les princesses, mais s’il a supporté tout l’aventure, c’était plutôt pour son camion (le ‘pork chop express’) - vraiment, pas besoin d’un baiser comme récompense, merci. Délicieux.

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