Introduction to archeonology

Avis sur Les Aventuriers de l'arche perdue

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Le pinacle du divertissement familial, propre aux années 80, peut faire grise mine à l’orée de ses quarante printemps : né d’un tandem valant son pesant d’or, Raiders of the Lost Ark n’est cependant pas seulement victime des affres du temps, bien au contraire... son visionnage récent contredisant nos souvenirs embellis au regard d’écueils narratifs patents, sa signature graphique dépassée tenant alors du détail peu significatif.

Cet état de fait tend d’ailleurs à la nuance, ce premier Indiana Jones ayant encore des argument à faire valoir : certes, les effets spéciaux de la cérémonie finale illustrent à la perfection ses limites évoquées, mais toujours est-il que le long-métrage demeure brillant à l’aune d’une mise en scène savamment iconique et de jeux de lumières exceptionnels. Sans atteindre des sommets, la partition de John Williams pose également les bases d’une atmosphère unique en son genre, là où les partis-pris esthétiques agrémentant le récit assurent une découverte enchanteresse.

Toutefois, la validité de cette dernière affirmation est aujourd’hui moindre, les grosses ficelles animant l’intrigue de Raiders of the Lost Ark nous sautant à la figure : et s’il serait de bon ton de ne pas égratigner son incommensurable renommée en le plaçant sous le couvert de considérations divertissantes, celles-ci ne sauraient légitimer ses penchants avérés pour l’abus de cohérence... pas entièrement tout du moins. Il convient en ce sens de faire abstraction de poncifs somme toute attendus dans un tel contexte, les sempiternels méchants nazis préfigurant par exemple l’esprit d’un récit manichéiste ; dans une même veine, le prisme archéologique, que les profanes tels que moi jugeront supposément réduit à son plus simple appareil, cède logiquement le pas au versant « aventure » de l’œuvre où il tient le rôle de prétexte.

Quant au reste... Raiders of the Lost Ark tire diablement sur la corde : bien que livré à lui-même par des autorités gouvernementales guère concernées, Indy bénéficiera tout du long d’une totale immunité scénaristique, ses adversaires faisant montre d’une « clémence » stupide et le laisseront vaquer à ses petites fouilles pour les besoins ponctuels du récit. Son ophiophobie n’est pour sa part aucunement crédible, le long-métrage s’en servant uniquement comme d’un ressort comique propice à des péripéties « augmentées », quand bien même ce fait tiendrait du détail.

Nous pourrions également évoquer le machisme toute relatif de l’archéologue aventurier, mais penchons-nous plutôt sur le cas intéressant de Marion : une figure dont l’introduction faisait état d’un caractère affirmé, si ce n’est carrément badass, tandis que la charismatique Karen Allen lui prêtait pour le mieux ses traits. Un portrait haut en couleur et sortant des sentiers battus donc, chose affermie par sa relation complexe avec ce penaud d’Indiana Jones : l’effet était alors d’autant plus fort qu’il transgressait la verve caricaturale animant le film... pour mieux nous décevoir en un rien de temps. Car passé cette présentation réjouissante, celui-ci va se vautrer avec application dans un schéma des plus habituels, la bougresse se muant en une princesse convoitée, trimbalée et sans défense. Quant au rôle d’Indy, cela tombe sous le sens.

Bref, oui, Raiders of the Lost Ark est une référence absolue du Septième Art, Harrison Ford comptant de ce fait un second rôle emblématique au cœur d’une culture-pop foisonnante... mais trop d’approximations en entachent le bon déroulé, ce qui est fort regrettable.

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