Pourquoi voulez-vous danser ?, pourquoi voulez-vous vivre ?

Avis sur Les Chaussons rouges

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Film inclassable (drame, film fantastique, tragédie musicale...?) figure parmi les références incontournables de nombre de cinéastes. C’est un objet étrange et indiscutablement fascinant.
Indéniablement le plus beau film en Technicolor et assurément sur la passion de danse classique
Un dialogue résume bien le film :
- « Pourquoi voulez-vous danser ? »
- « Pourquoi voulez-vous vivre ? »
Si l'écossaise Moira Shearer, nous laisse le souvenir indélébile de sa chevelure fauve encadrant un visage bouleversant, mais aussi bien évidemment de ses immenses talents de danseuse et de comédienne. (Ce sera son premier et unique rôle au cinéma) C'est Anton Walbrook qui est probablement le plus fascinant du film : lui ne vit et qui ne respire que pour la danse, obsédé par la beauté du geste, des silhouettes et des visages. La séquence où il apprend que sa danseuse et son compositeur sont tombés dans les bras l'un de l'autre et qui se termine - de retour chez lui - par le plan qui le voit envoyer son poing dans le miroir, est la meilleure preuve du talent du comédien dont on ressent et partage alors l'atroce souffrance ; rarement le douloureux isolement de l'artiste n'avait été montré avec une telle force. L'acteur et son personnage seront d'ailleurs fabuleux tout au long du film grâce à la riche écriture d'Emeric Pressburger.
Le point culminant est évidemment le ballet inspiré du conte d’Andersen. Il se situe en plein milieu du métrage et dure près d’un quart d’heure. C’est un fabuleux morceau de bravoure qui dégage une véritable magie : décors plus évocateurs les uns que les autres - les influences picturales sont avouées - effets spéciaux troublants, couleurs surprenantes - formidable travail de Jack Cardiff-
subtile navigation entre le « réel » de la représentation et le monde imaginaire du ballet...
La passion guide chaque instant extraordinaire des Chaussons rouges, c’est ce qui rend ces merveilleuses images si vivantes et si touchantes, dont la beauté étincelante est aujourd’hui pleinement restaurée. Une véritable œuvre d'art de Michael Powell et Emeric Pressburger à la maestria jamais démentie.

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