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Les Chevaux de feu par Biniou

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J’ai toujours pensé qu’un grand film devait contenir des visions, vous savez ce genre de plan, de séquence ou d’idée qui vous mettent sur le cul et vous font dire « Alors ça, ce n’est pas banal », Les chevaux de feu en sont remplis. Je pense notamment à un plan, Ivan et Maritchka se sépare sous une pluie ensoleillée, elle lui dit au revoir, la caméra se rapproche, se fixe pendant quelques secondes sur son sublime visage qu’elle prend entre ses mains, elle sourit, ça paraît simple mais le résultat est prodigieux, au moment ou je vois ça je sais que ce plan va m’accompagner toute ma vie. C’est définitif, au bout de 20 minutes de film je suis déjà conquis.
Paradjanov construit chacun de ses plans comme un tableau et pas un tableau genre « arrêt sur image » à la Barry Lyndon, mais un tableau en mouvement, qui donne l’impression que l’on contemple une toile dans laquelle on aurait sauté, on la sent vivre et c’est une sensation assez fascinante. On passe du surréalisme au réalisme, de vision onirique folle à des choses plus terre à terre, le film de Paradjanov n’arrête pas les va et viens. La vie, la mort, l’amour, la haine… Il faut dire que ce film ressemble fortement aux grandes tragédies, il a donc ça dose de sentiment antithétique et d’affrontement ce qui se traduit à l’écran par l’absence ou non de la couleur. Son absence étant presque suicidaire vu le brio avec laquelle Paradjanov l’utilise, mais elle est on ne peut plus significative, sa réapparition étant un moment de grâce quasi-divin. Je pourrais sans doute m’attarder sur le pourquoi du comment c’est un hallucinant chef d’œuvre, mais je me suis dézingué un doigt ce matin au boulot et ça me fait mal, donc je dis stop. Au plaisir.

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