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Les Clefs de bagnole par Eowyn Cwper

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Critique publiée par le

J’avais vu ce film en 2015 et je l’avais adoré. Je l’ai revu en 2019 et je l’ai adoré ; comme quoi, ma passion pour l’absurde traverse le temps et emporte tout. Je ne sais même plus dire si le film est bon ; je devine qu’il ne l’est probablement pas : il est lourd, répétitif et empêche le critique de parler à cœur ouvert même s’il l’a détesté, parce qu’il s’assume à outrance, excusant chaque débordement par un autre qui est pire.

Baffie dira ou fera dire à de multiples reprises à ses personnages que le film est mauvais, ce que l’affiche proclame déjà haut et fort : ”n’y allez pas, c’est une merde !” Ce n’est qu’un paradoxe de plus que je dusse l’adorer. Plongeant au plus profond de l’absurdité, il transforme – du moins dans les organismes compatibles comme le mien – tout ce qui pourrait énerver ou étonner en summum de l’humour.

Baffie reste toutefois un éternel diviseur (je n’approuve pas forcément moi-même quand il se laisse aller au trash et à la sottise) et je ne fais que rejoindre un des deux camps quand j’adhère à son travail constitué d’incessants essoufflements compensés par une écriture automatique et des bouche-trous qui ont l’avantage de la solution efficace – tout tient au choix de dire que cela fait partie du génie du film ou bien de son ratage, ce qui est entièrement laissé à notre jugement.

L’œuvre est une salle de réunion pour ce qui semble l’intégralité du casting français de 2003, dont on imagine que les colères sont réelles (comme prises en caméra cachée) quand ils fustigent le scénario (après tout, Baffie a passé sept ans à chercher des producteurs avant de se résigner à le produire seul), et ce malgré les références qui le surpeuplent : d’Astérix à Rencontres du troisième type, Baffie fait de sa création un rêve d’enfant, se transformant en naïf quand il pousse le bouchon trop loin ou comble un vide somme toute permanent par des micro-trottoirs et des sollications à tous les procédés : animation et stop motion seront de la partie.

Une fois n’est pas coutume, je laisse tomber mes standards en matière de notation et je réitère le 10/10 que je donnais déjà il y a quatre ans, histoire de me laisser amadouer par des procédés que j’admire et d’assumer moi-même devoir sciemment ignorer les faiblesses qui hurlent malgré le bruit d’anticonventionnalité que Baffie fait régner.

Quantième Art

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