"This sea, whose gently awful stirrings seem to speak of some hidden soul beneath..."

Avis sur Les Dents de la mer

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(Spoilers)
Il est toujours très difficile pour moi de noter un classique - même si dans ce cas, mon avis est 100% positif. On a tellement disserté sur eux qu'il me paraît impossible d'ajouter quoi que ce soit d'intéressant à leur sujet. Je vais tout de même tenter l'aventure. C'est bien simple, ça faisait mille ans que ce film était sur ma liste. Incroyable pour une spectatrice dont le péché mignon est les films de requins, mais je suppose que j'avais peur de ne pas aimer le Saint-Graal, le père sacré, après avoir apprécié certains de ses rejetons, bien moins connus et bien moins aimés par la critique. Il m'est arrivé de détester certains classiques, donc cela aurait pu se produire, mais heureusement, je l'ai adoré. Je vois mal comment il pourrait en être autrement tant le film est parfait sur tous les plans. Je vais évidemment commencer par parler de la réalisation, qui est... fabuleuse, et encore le mot est faible. D'autant plus impressionnant quand on sait qu'au moment du tournage Spielberg n'avait que 27 ans...Bref, ça a de quoi vous filer de sacrés complexes. Je pense que la production chaotique du film est connue d'à peu près tout le monde (dans le cas contraire, vous pouvez consulter la page Wikipedia, que j'ai lue en entier haha, et oui il faut bien combler son manque de culture cinématographique!) mais c'est vraiment incroyable dont Spielberg a réussi à vaincre toutes les difficultés pour faire sortir ce film et que ce dernier, demeure, jusqu'à aujourd'hui, un des blockbusters (d'ailleurs, beaucoup nomment Jaws comme le premier blockbuster) ayant engrangé le plus d'entrées aux USA et à l'internationale. Quand je parle des obstacles rencontrés par le réalisateur, je pense évidemment au fameux Bruce (qu'on lui ai donné ce nom me fera toujours autant rire) qui leur a causé nombre de sueurs froides. Même si je trouve de mon côté que l'animatronique rend bien (il fait un peu faux, mais pas tant que ça, je m'attendais à bien pire, et on a vu dans des productions récentes largement plus carton-pâte...allez voir pour le coup la sequel de Jaws - Jaws 3D - dont je n'ai vu qu'un seul extrait qui m'a fait mourir de rire tant il fait preuve d'une crasseuse médiocrité), je suis presque contente que Spielberg n'en ai pas été satisfait parce que ça lui a donné le coup de génie du siècle: ne pas faire apparaître le requin avant une heure de film. Alors, maintenant, beaucoup de films ont repris l'idée de ne pas montrer la menace mais c'était très très audacieux pour l'époque. Et ça marche du feu de Dieu, donnant une dimension mythologique à l'animal - incarnant quelque chose de plus grand, la peur de l'inconnu, de ce qui nous dépasse, l'inévitabilité de la mort quand celle-ci arrive. En cela, Spielberg est bien l'héritier d'un Melville et son Moby Dick. Même s'il y a des moments d'humour dans le film, je le pensais bien plus comique dans le ton, et ce n'est pas du tout le cas. Jaws est un film parfaitement tragique. Nul personnage ne le démontre mieux que celui de Quint. Personnellement, je ne connaissais rien du naufrage de l'USS Indianapolis et je me suis renseignée. Bien évidemment, j'ai été terrifiée et touchée par le destin de ce millier de soldats qui ont connu un sort des plus terribles. Difficile de se l'imaginer en vérité, et pour le coup, la scène où Quint raconte le naufrage m'a clouée sur place. Déjà Shaw aurait dû recevoir tous les Oscar pour ce film (Jaws n'a remporté que la meilleure musique, meilleur mixage son et mixage...mais bon, One Flew Over the Cuckoo's Nest était en compétition la même année - je ne le déteste pas, mais je trouve Jaws bien meilleur - et on sait que l'Académie préfère ce genre de film) parce que son jeu est exceptionnel dedans, vraiment, on n'a pas l'impression qu'il joue, c'est comme s'il se replongeait dans ses souvenirs, pour de vrai, et quand ce genre de choses se produit au cinéma, c'est incomparable. Je pourrais écrire un essai sur le sujet mais je ne le ferai pas, parce que rien ne pourrait rendre justice à cette scène, alors je ne mentionnerai que quelques détails immenses: le changement de ton très innatendu (le plan d'avant, on était sur un registre plutôt innocent et amusant même si le sujet de la conversation était grave...et ce passage aussi était très réussi), l'écriture du monologue qui est incroyable, de la réalisation horrifiée du spectateur, parallèlement aux personnages, quand il se rend compte de où va l'histoire va les mener (la mention d'une mission secrète et donc pas signalée, le "we didn't see a shark" qui insinue qu'ils vont finir par venir), aux répliques qui continueront de squatter mon esprit pour encore très longtemps (pour n'en nommer que quelques unes..."sometimes that shark he go away sometimes he wouldn't go away", tout le passage sur les yeux qui m'a TUEE, le "ocean turns red" prophétique sans qu'il le sache...), le regard hanté de Quint qui n'a rien oublié de l'évènement le plus traumatisant de sa vie, la révélation de pourquoi le personnage s'acharne tant à tuer des requins (comme une sorte de vengeance pour prendre autant de vies chez eux qu'ils en ont pris à ses compagnons de route), la touche d'humour tragique à la fin "anyway we delivered the bomb". Bref, un bijou.

J'ai envie de dire que c'est la meilleure scène du film mais c'est impossible à dire car TOUTES LES SCENES SONT OUF!!! Spielberg ne m'a pas rendu la tâche facile. Encore une fois je vais devoir passer vite sans quoi on en a pour le reste de l'éternité mais voici quelques morceaux choisis:
- Sans surprise, la scène d'intro, qui est aussi la plus célèbre et on comprend facilement pourquoi en le regardant. Une fois de plus, c'était une idée géniale de ne rien montrer en dessous de l'eau, parce que ce qu'on s'imagine est pire que la réalité (quand la jeune femme hurle à la mort, on ne sait même pas si elle a encore ses jambes), on n'a aucune idée de la taille du requin, de la façon dont il l'attaque, bref, Spielberg nous prive de quelque chose mais on ne le ressent même pas, ou si, on le ressent dix fois plus. Chapeau à l'actrice qui est déchirante et très très juste dans son jeu, la détresse de son personnage est vraiment palpable, ses "i don't wanna die" de désespoir me marqueront encore longtemps. Le plan où le requin l'emmène sous l'eau en plein cri m'a ravagée, comme celui-ci d'avant d'ailleurs, où elle s'accroche au buoy comme un dernier rempart, en sachant pertinemment qu'il ne lui sera d'aucune aide devant la fatalité de la fin. Et comme tout le reste du film, c'est magnifiquement filmé (la manière dont la caméra suit les mouvements lors de l'attaque évidemment, mais aussi les plans sur le ciel qui sont très très beaux et empleins d'une poésie cruelle) et la musique est géniale, mais je reviendrais dessus plus tard.
- En fait, toutes les scènes d'attaque du requin. Elles ont toutes quelque chose à leur façon. Je pense bien sûr à l'attaque du petit garçon, très très bien mise en scène avec ce fameux travelling compensé (même si pour le coup, je le trouve plus drôle qu'autre chose, contrairement à celui de Vertigo, qui n'a pas vieilli d'un poil) et cette audace de la part du réalisateur qui prend le risque de tuer un enfant à l'écran. Je ne sais pas ce qui me marque le plus, l'attaque en elle-même ou le close up sur les vêtements et la bouée ensanglantée mais en tout cas, ça reste en tête. On pouvait le prévoir, le requin devrait frapper, mais pas à ce moment. De manière générale, je trouve que Spielberg se débrouille très bien avec les fausses pistes: je ne m'attendais pas du tout au coup du bonnet de bain ni au faux aileron des gosses, et c'est vraiment bien pensé, parce qu'à ce moment notre attention se focalise sur ça et oublie la vraie attaque, qui arrive juste après et nous prend par surprise. Pareil pour le moment où les deux pêcheurs qui traquent le requin voient le ponton se faire arracher, j'étais persuadée qu'ils allaient mourir et je me suis trompée. A l'inverse, je ne pensais pas voir Quint mourir (bon, je me suis fait spoiler en milieu de film, mais tant pis), Spielberg sait vraiment surprendre le spectateur. Les jumpscares, datant pourtant de 1975, marchent super bien, à deux reprises j'ai sursauté de ouf (une fois pour l'apparition du requin, une fois au moment de la découverte d'un cadavre sous l'eau). C'est un témoignagne du grand talent de Spielberg, qui en faisant apparaître/disparaître le requin à son gré, n'offre aucun point de répère au spectateur qui est dans l'incertitude et tente toujours de deviner où peut bien se trouver la menace, sans jamais réussir à le faire.
- L'ensemble des scènes de foule, qui retranscrivent hyper bien le manque d'organisation, la panique, l'urgence de s'en sortir. C'est parfaitement efficace et on ressent presque physiquement cette angoisse.
- Ce n'est pas une scène à proprement parler, mais toute la seconde partie du film. En la voyant arriver et regardant le timing du film, je suis dit que vraiment plus d'une heure sur un bateau j'allais m'ennuyer et dieu que non!!! Cette partie de chasse est vraiment passionnante, avec les interactions des personnages juste savoureuses, la caméra qui ne lâche rien (vraiment, personne ne filme mieux les fonds marins et ses enfers que Spielberg) et nous garde en apnée (haha) pendant tout ce temps, la tension qui ne redescend jamais, les moments qui devraient nous gonfler car répétitifs (je pense à la mise en place des barils) et ne le sont pas et réussissent à nous faire frissonner sans rien montrer, les moments plus épiques de triomphe (merci pour cette musique sublime, John) qui contrastent avec ceux plus noirs de défaite et de déception (mais jamais de renoncement), tout aussi prenants d'ailleurs. Et puis évidemment, l'entrée en scène du requin pour de vrai, phénoménale, après un temps d'attente pareil, à ce stade, ce n'est plus vraiment un animal mais un mythe qui prend vie sous nos yeux. Encore une fois, le fait qu'il apparaisse de façon imprévisible décuple sa force et son potentiel terrifique. Que dire sinon de tous ces moments d'anthologie: la mort de Quint, qui m'a saisie par les tripes, vraiment ça m'arrive pas souvent dans un film (les séries, davantage, parce qu'on a des saisons et des saisons pour s'attacher) mais je criais NOOOON à mon écran, je ne voulais pas accepter, je trouve ça trop injuste qu'il ait survécu aux requins une fois et les pourchasse toute sa vie pour finalement se faire tuer sur le lieu où il se sentait en sécurité, son bateau, c'est affreux, tragique, déprimant à souhait. Et puis la façon dont c'est filmé me traumatise, c'est super brutal, comme quoi on a pas besoin d'artifices et d'effets spéciaux pour avoir de l'impact, et punaise, les cris du personnage me resteront pour longtemps en tête. Le fait qu'il disparaisse lui aussi en plein cri, comme la jeune femme du début, crée un impact psychologique très fort, et puis l'eau qui redevient calme après tant de violence, comme si rien ne s'était passé, comme s'il n'avait jamais existé, ça me glace vrament. Peut-être que cet anéantissement total, cet oubli dans cette immensité - métaphore de la mort et de l'infini - fait davantage peur que le squale en lui-même.
- La scène de la cage!!! Elle met tellement mal à l'aise!! On sent d'avance que le plan ne va pas marcher, et le fait de le savoir le rend d'autant plus angoissant. C'est presque du suicide mais aussi leur dernière solution et vraiment j'ai retenu ma respiration tout le long. Très très bonne idée de la part de Spielberg d'avoir inséré des véritables plans de requins dans ce passage, la différence ne se voit pas tant avec l'animatronic et ce côté presque documentaire donne un réalisme au tout très plaisant. C'était plutôt risqué de mélanger les deux mais c'est parfaitement réussi. J'ai aussi aimé que le requin ne poursuive pas Hooper, pour le coup, c'était assez fidèle à la réalité.
- La dernière scène. Passée l'émotion des retrouvailles et le côté amer à voir qu'ils ne sont revenus qu'à deux, l'angoisse ne se dissipe jamais vraiment, un requin pouvant à nouveau surgir, preuve qu'il ne faut jamais se penser intouchable - erreur que beaucoup de personnages ont commis et qu'ils ont payé de leur vie.

Un truc qui m'a aussi tout de suite attrapée dans ce film c'est la manière dont il transpire la vérité, malgré un scénario qui implique de s'éloigner du réalisme parfois. Dans un premier temps, ça peut sembler bête mais j'ai rarement vu un film qui retranscrive aussi bien l'été à l'écran. L'ambiance est y vraiment fidèle, on ressent la chaleur, l'excitation des vacanciers, les ondes de la mer (aussi attirante que dangereuse)... encore une fois la réalisation aide énormément. Dans d'autres films marketés comme des summer movies, ça a un côté super factice mais pas ici, je ne saurais pas l'expliquer. Ce côté ultra brut et sans frontière entre l'écran et le spectateur, on le ressent aussi dans des scènes à priori pas très importantes: je pense par exemple au moment où Hooper ouvre le ventre du requin ou celui où Brody jette les poissons morts à la mer, je ne sais pas comment c'est possible, mais c'est comme si on sentait l'odeur, comme si le dégoût du personnage était aussi le nôtre. C'est assez dingue. Outre cette vérité crue et très physique, je ne m'attendais pas non plus à trouver dans ce film un aspect presque politique. J'ai trouvé que la critique autour des autorités empêchant que la chose se sache très intéressante, le personnage du maire est délicieusement haïssable, avec son aveuglement et sa capacité incroyable à ignorer ce qui se trame vraiment. Je l'ai trouvé hélas très réaliste, car on voit que dans beaucoup de cas, on a privilégié le profit à la sécurité (je pense notamment à ces parcs d'attraction aux manèges défectueux et qui ont mis des années à être fermés). La peinture de ce microcosme - une station balnéaire dont l'économie repose presque totalement sur le tourisme ou sinon la pêche - était très réussie et la scène où la maman du petit vient dire ses vérités à Brody (même s'il n'était pas le plus coupable, il a quand même été complice de ce mensonge), montre parfaitement que ce qui n'était jusque là qu'un barrage idéologique (Brody ne supportant pas de mentir et de mettre en danger les nageurs) devient bien réel, c'est d'ailleurs à partir de ce moment que le policier va véritablement s'engager dans le combat contre le requin, corps et âme.

C'est un film qui a beaucoup de moments lourds, donc les moments drôles sont jouissifs. Le personnage qui m'a fait le plus rire est sans doute Hooper. D'ailleurs je trouve que Dreyfuss avait pour 1975 un jeu hyper moderne, Shaw et Schneider sont fantastiques mais il y a un côté dans leur interprétation (la façon dont ils posent leurs voix notamment) de très seventies là où la diction de Hooper est plus proche de nous. C'est très bizarre, on dirait qu'il a fait un saut dans le temps! Bref. Il est très drôle dans le film, avec son côté tête brûlée/jeune premier/monsieur je sais tout qui contraste parfaitement avec l'aspect bourru/sans filtre/homme d'expérience de Quint et très droit/calme/i play by the rules de Bordy. D'ailleurs, les affrontements entre Quint et Hooper sont juste trop satisfaisants à suivre, j'adore le moment où il lui tire la langue et globalement toutes les piques qu'ils s'envoient. La dynamique entre les personnages est super bien pensée, lors de leurs scènes de chamailleries on dirait que Brody est le parent et eux les deux gosses lol. Et puis évidemment, si on parle d'humour, on ne PEUT PAS ne pas mentionner le fameux "you're gonna need a bigger boat" et "that's a bad hat harry" qui sont juste iconiques.

Jusque dans les détails, le film est hyper bien pensé. Je pense notamment à la manière dont Brody est filmé, ne s'approchant que de loin de l'eau, tentant parfois de l'affronter en début de film, mais reculant toujours, et puis la manière dont le dénouement renverse tout cela, l'obligeant à se confronter à son ultime phobie. Ce moment était non seulement très 'badass ("smile you son of a bitch"!!! YES KING!!!) mais aussi assez émouvant, surtout après la perte de ses compagnons de voyage. On n'ose à peine imaginer dans quel état mental il se trouve, mais j'ai trouvé son regain de courage assez réaliste, à savoir que c'est souvent dans les moments de détresse que nos forces se multiplient.

Ce n'est pas vraiment un détail, plutôt un retour sur l'aspect politique du film, mais il y a aussi ces moments où des tas de vacanciers se pressent vers le danger pour gagner un peu d'argent, ou se concentrent sur leurs propres frustrations que sur la préservation de la vie d'autrui, qui étaient aussi assez fidèles à la réalité et impactants. Et puis les dialogues!! MAMMA MIA!! ces dialogues!!! Tellement bien écrits!! Dur de n'en choisir que quelques uns, j'ai donc sélectionné un petit florilège:
- "Mr. Vaughn, what we are dealing with here is a perfect engine, an eating machine. It's really a miracle of evolution. All this machine does is swim and eat and make little sharks, and that's all."
- "I think that I am familiar with the fact that you are going to ignore this particular problem until it swims up and bites you in the ass"
- "You open the beaches on the Fourth of July is like ringing the dinner bell for Christ's sake"
- "Look, fellas, let's be reasonable. This is not the time or the place, to perform some half-assed autopsy on a fish. And I am not going to stand here and see that thing cut open, and see that little Kintner boy spill out all over the dock"
- "Back home we get a taxidermy man, he's gonna have a heart attack when he sees what I brung him!"
- "It proves that you wealthy college boys don't have the education enough to admit you're wrong."
- "Well, this is not a boat accident! And it wasn't any propeller; and it wasn't any coral reef; and it wasn't Jack the Ripper! It was a shark."
- " I'll catch this bird for you, but it ain't gonna be easy. Bad fish (..)This shark, swallow you whole. Little shakin', little tenderizin', an' down you go. And we gotta do it quick, that'll bring back your tourists, put all your businesses on a payin' basis. But it's not gonna be pleasant. I value my neck a lot more than three thousand bucks, chief (...) If you want to stay alive, then ante up. If you want to play it cheap, be on welfare the whole winter. I don't want no volunteers, I don't want no mates, there's just too many captains on this island. $10,000 for me by myself. For that you get the head, the tail, the whole damn thing."
- "I'm not going to waste my time arguing with a man who's lining up to be a hot lunch."
- "It's only an island if you look at it from the water."
- "They're all gonna die"
- "Doctor, I can't come to Brisbane when I've a Great White shark problem!"

Je ne pourrais évidemment pas terminer cette critique sans parler de la musique, au moins aussi culte, que le film. Elle a traversé les époques sans prendre une ride, et entendre une seule note du thème, suffit à reviver les terreurs de toute une génération. Vraiment, tout ce que John Williams touche devient de l'or, c'est incroyable. Outre ce titre principal, plus célèbre que célèbre, le reste de la composition est tout aussi convaincant, alternant les partitions angoissantes au possible et celles plus joyeuses et emballées. C'est très démonstratif, si vous n'aimez pas le style pompier, ça ne vous touchera pas, mais moi je suis une inconditionnelle de Williams depuis Harry Potter, donc je me rallie à sa cause sans sourciller. Je pense qu'on mesure aussi un chef-oeuvre à l'impact qu'il a eu sur son public, et pour le coup avec Jaws, on explose tous les compteurs; le film ayant fait chuter de manière considérable à sa sortie les réservations à proximité des océans et hélas, contribué, sans le vouloir, à légitimer la chasse aux requins, qui en vérité est un prédateur qui tue beaucoup moins à l'année qu'un frelon. Enfin. C'est aussi le rôle du cinéma de prendre la réalité et de l'arranger à sa sauce, et oui, Spielberg a créé un monstre, qui depuis 45 ans, traumatise encore le public, qui ne peut s'empêcher de penser à lui quand il pose un pied dans l'eau. Jaws a envahi notre inconscient et ça, peu de films peuvent se targuer de l'avoir fait. Steven, je ne te remercie pas de faire stresser à chaque fois que je me baigne dans une eau un peu sombre et que je sens une algue me frôler. Ce n'était pas très sympa de ta part.

Je ne vois pas pas quel autre note à donner à Jaws qu'un 10. Il n'a aucun défaut, éblouit sur tous les plans (réalisation, musique, acteurs, scénarios, dialogues) et a fait l'effet d'une onde (héhé) de choc sur le cinéma au moment de sa sortie. Aujourd'hui, il est toujours aussi spectaculaire et je lui donne cette note avec cette plaisir. Ce n'est pas si souvent qu'un film est à la hauteur de sa légende.

PS, petits liens sympas à consulter
https://www.aarp.org/entertainment/movies-for-grownups/info-2020/jaws-trivia-facts.html
https://edition.cnn.com/2015/06/05/entertainment/jaws-movie-40th-anniversary-feat/index.html
https://www.cinemablend.com/news/2548648/jaws-behind-the-scenes-facts-you-might-not-know
https://eu.usatoday.com/picture-gallery/life/movies/2019/06/19/20-facts-you-didnt-know-about-jaws/39600933/
https://www.sbs.com.au/movies/article/2019/05/30/jaws-turns-44-here-are-44-things-you-didnt-know-about-original-blockbuster

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