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Well this is not a boat accident,
It wasn't any propeller, it wasn't any coral reef,
And it wasn't Jack the Ripper!.
It was a shark.


Et Spielberg inventa le blockbuster, signant là, le début d’une nouvelle ère et notamment celle du cinéma d’été, alors qu’avant, cette période n’était pas propice au succès (à quelques exceptions et surprises près tel Bonnie & Clyde), la population préférant souvent le soleil. Il intensifia aussi la mode des produits dérivés et cette stratégie se confirma avec Star Wars deux années plus tard et Hollywood changea (malheureusement ?) à jamais. D’ailleurs Spielberg déclarera quelques années plus tard :


Je voulais réaliser un film qui laisse une trace. Pas au box-office
mais dans l'esprit des gens.


Néanmoins, Spielberg n’est évidemment pas non plus n’importe quel Yes-man actuel à qui l’on confie plus de 300M$ pour réaliser n’importe quel blockbuster impersonnel. Dès l’introduction de Jaws, le ton est donné, la bande-originale de John Williams provoque déjà son petit effet de terreur et de tension, ce qu’il reproduira à travers plusieurs scènes par la suite.

Cette adaptation du livre de Peter Benchley bénéficie d’abord d’une mise en scène immersive et intense, qui va notamment instaurer un climat de tension et angoissant durant tout le film. Le scénario est bien écrit, le déroulement convaincant avec une bonne rotation entre scènes calmes et angoissantes. Le personnage principal est intéressant, devenant même attachant, il a beaucoup de faiblesses (et une profondeur de manière générale) et elles sont bien étudiées.

Cette façon de caractériser les personnages est en lien avec la mise en scène de Spielberg. Il prend son temps pour bien construire le film, créé une menace de plus en plus forte, en gardant d'abord une part de mystère. La deuxième partie du film, en pleine mer, est un modèle du genre, l'alternance entre les séquences d'actions et celles où les personnages se découvrent est parfaite, et plusieurs d'entres elles sont mémorables. L'attachement pour cette escouade se mêle alors à une intensité croissante, Spielberg créant d'abord une menace sonore puis jouant sur l'imagination du spectateur, avant de, violemment, montrer la bête.

A travers une intéressante galerie de personnages, le futur metteur en scène de Minority Report n’hésite pas non plus à critiquer l’opportunisme de certaines personnes, en montrant notamment un maire qui préfère prend le risque d’ouvrir une plage pour générer du profil. Les trucages font toujours leurs effets, et Spielberg à l’image d’autres avant lui, à la bonne idée de rarement montrer la bête. Les scènes aquatiques sont superbement filmées et on est immergé au plus près du requin et de ses proies. Et enfin, les interprétations sont excellentes et en premier lieu Roy Scheider, tout comme Richard Dreyfuss dans un rôle d'apparence calme mais pouvant montrant une certaine folie et évidemment Robert Shaw.

C’est aussi le premier vrai gros succès de Spielberg, celui qui lança sa carrière malgré deux précédents films réussis (et notamment le trop peu connu Sugarland Express) et qui, à ce jour, n’a pas faiblit. Il signe une œuvre fascinante, créant un savant et efficace mélange de suspense, d'attachement, d’aventure et d’angoisse.
Et félicitation à Spielberg de nous faire hésiter à tremper l’orteil dans l’eau depuis 1975 !

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