Enchaînements

Avis sur Les Enchaînés

Avatar Nio_Lynes
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Mini rétrospective Hitchcock et donc mini chroniques !

On a tendance à n'associer Hitch' qu'a ses films des 50's, ses "gros" films (si on commence, mettons... Avec "Rear Window" de 1954 -- Fenêtre sur cour) mais c'est oublier trop vite que depuis les années 20 dès ses débuts que le bonhomme déjà, était grand. Près de 20 ans après "Number 13" (1922), son premier long-métrage (non-fini il semblerait. A vérifier auprès des Hitchcockophiles en herbe...), le génial maître du suspense restait inégalé.

Nous sommes donc en 1946 et avec Notorious ("les enchaînés"), Sir Alfred paye une nouvelle son tribut à la seconde guerre mondiale (après d'autres films comme par exemple "Lifeboat") puisqu'ici, les grands méchants de l'histoire sont... des nazis, et l'héroïne, rien de moins que la fille d'un d'entre eux qui cherche à laver son honneur pour le compte du patriotisme. Mais c'est plus complexe que cela, car c'est surtout par amour pour l'agent Devlin (Cary Grant) qu'Alicia (Ingrid Bergman) va se retrouver mêlée à une aventure des plus dangereuses.

Le titre veut évidemment tout dire... Enchaînés.
Par les liens du devoir et de l'amour.
L'un ne va pas sans l'autre puisque c'est officiellement par devoir et officieusement par amour qu'Alicia accepte la mission d'infiltrer la maison d'un étrange personnage, Sebastien, ancien ami paternel, nazi lui aussi avec son groupe d'étranges amis qui n'hésitent pas à s'entretuer finement quand l'un d'eux semble faillir...

On a beaucoup parlé de la fameuse séquence du baiser (à cause de la censure du code Hays alors en vigueur aux U.S.A, une scène de baiser ne doit pas dépasser plus de quelques secondes. Que fait Hitch' pour déjouer malicieusement celà ? Il filme un baiser, enchaîné d'un autre, puis d'un autre... Le tout ne formant en fait qu'un immense baiser tout en ne gênant nullement la censure. Il fallait y penser...) mais le film est aussi impressionnant pour ses gros plans fabuleux sur les objets, lesquels ici sont indispensables à l'intrigue puisque chaque gros plan est l'occasion d'un important tournant dramatique dans l'histoire. Gros plan de clé d'une cave (où Alicia et Devlin vont faire une découverte des plus étrange), un autre gros plan de cette même clé cette fois manquante au trousseau de Sebastien (qui marquera d'emblée le sort de la pauvre Alicia) ou d'une anodine tasse de café (en fait empoisonnée. Et Hitchcock en profite pour la mettre au premier plan du cadre, immense, menaçante, manquant de dévorer les personnages. Plan magnifique en soi, songez que nous ne sommes que 6 ans après Citizen Kane, ça montre la rapidité et l'intelligence de Sir Alfred à intégrer les nouveautés et changements au sein de son cinéma)...

Et puis comment parler d'un Hitchcock sans oublier évidemment la fin où une fois de plus, on jubile (ici le retournement de situation final, totalement ironique...).

Grand film, ça va sans dire. Sacré Alfred.

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