Une moitié de claque, on appelle ça comment ?

Avis sur Les Étoiles vagabondes

Avatar Smaragdin
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[ATTENTION SPOILERS]

A tous ceux qui veulent voir ce film : il faut souligner le fait que c'est un documentaire et non pas une comédie romancée avec un scénario comme Comment c'est loin d'OrelSan.

C'est peut-être pour cette raison que je n'ai pas apprécié la première partie du film. Ayant écouté l'album avant, je m'attendais à un film mettant en scène sa rupture et l'évolution de Nekfeu qui s'est servi de sa musique pour faire le deuil de son histoire d'amour. Les 15 premières minutes ont donc été décevantes pour moi, et je n'avais qu'une crainte : que tout le film soit comme ça. Dans son introduction à Paris et son arrivée au Japon, je me suis ennuyé sur la voix de Nekfeu (qui pourtant semblait aborder des sujets profonds et personnels formulés de manière à que ça sonne comme les lignes d'un livre). Je vais le dire sans ménagement : j'avais l'impression de voir et d'entendre du vide. Parfait pour se détendre après une journée de boulot !

Toute la séquence au Japon n'est pas celle qui restera dans ma tête. Je l'ai trouvé presque clichée... Oui, on sait déjà que Nekfeu est influencé par la culture Japonaise ! C'est aussi le cas d'autres artistes à la mode aujourd'hui. Les scènes comme celle de la virée en moto sont très esthétiques, mais j'ai eu l'impression d'avoir tellement déjà vu ça récemment... Le moment à partir duquel le film a enfin attiré mon attention, c'est celui de l'escapade du rappeur en montagne. C'est le premier vrai moment de coupure avec la réalisation de son album. Pour moi, ce passage n'est rien comparé à ceux qui vont suivre, mais c'est celui-ci qui m'a fait me dire que finalement, ce film pouvait me faire ressentir quelque chose, avait du potentiel.

Nous arrivons donc au meilleur passage du film pour ma part (et pour beaucoup de monde je pense) : celui des Etats-Unis. Coupé par une séquence anecdotique en Belgique autour du featuring avec Damso (ce qu'il faut retenir c'est que les associations dans la musique c'est utile), c'est pour moi le passage le plus beau esthétiquement comme musicalement. Tout commence avec une arrivée assez clichée à Los Angeles... Mais bon, la scène est belle, et j'ai toujours aimé cette ambiance West Coast des années 80-90. Quand soudain, Nekfeu nous envoie à New Orleans, la réputée ville du jazz. Enchaînant les rencontres avec musiciens, locaux, les plans colorés et les passages musicaux forts, son escapade à la Nouvelle Orléans m'a parue incroyable ! Contrairement au reste du film, cette séquence montre une réelle montée en puissance de ce dernier, de manière crescendo, en commençant doucement par la visite des quartiers de la ville et de la région, puis l'annonce de l'ouragan Nate, la rencontre avec les musiciens, puis l'enregistrement de Premier pas et Ciel noir (mon morceau préféré de l'album), le jazz, le gospel, et enfin le "clip" du dernier couplet de cette dernière chanson. J'ai aimé ressentir toute l'énergie de Nekfeu dans ce passage (énergie qui, de base, est négative, il faut le rappeler).

Suite à ce passage, comme l'a si bien dit Nekfeu, il était compliqué de faire mieux musicalement parlant (en réalité je pense aussi que c'était le bon moment pour arrêter le film, avant de nous lasser de tant de beauté). La fin du film fait écho au début de ce dernier, l'artiste retourne sur l'île Grecque sur laquelle il s'était isolé, se penche sur des problèmes de société actuels, sur la culture musicale du pays et sample une musique locale pour réaliser le titre sur lequel se clôturera le film : Ολά Καλά. L'intensité diminue d'un cran. On quitte Nekfeu sur scène, nous laissant sur une fin un peu clichée mais qui m'a quand même apporté de la satisfaction.

Pour conclure cette critique, ce film m'aura montré deux visages : un ennuyant, creux et un passionnant, prenant. Certains passages musicaux sont très bien placés, riches de sens. D'autres apparaissent un peu par hasard, sans faire tâche pour autant. Le film est bien structuré. Pour moi il mérite la note de 6, celle du bon moment. Il aurait sûrement franchi la barre des 7 si je l'avais vu au cinéma, avant de découvrir l'album...

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