Adaptation cinématographique réussie d'un de mes livres d'enfance préférés !

Avis sur Les Filles du docteur March

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Je sais, je sais, j'ai pris beaucoup de retard pour cette critique mais j'avais toutes les peines du monde à mettre sur papier la beauté de ce petit chef-d'oeuvre.

Jo est une aspirante écrivaine qui réside à New York, à la fin du XIXème siècle. Elle vit les petits tracas d’une femme qui rêve d’indépendance à cette époque et doit composer avec la maladie de sa sœur Beth, les sentiments amoureux de son meilleur ami Laurie et les vies de jeunes femmes de ses sœurs, Meg et Amy…

Comme n’importe quelle gamine, j’ai lu les Quatre Filles du Docteur March ! J’avais adoré les intrigues, les filles, leurs personnalités et le style de l’œuvre. Plus grande, j’avais découvert la version avec Winona Ryder… qui m’avait laissée de marbre. Je trouvais la performance des acteurs insipides et je n’arrivais définitivement pas à m’imaginer Jo avec la tête de Ryder. A la limite, je garde un souvenir ému de Sarandon et Bryne. Mais je n’ai pas été emballée par cette version, contrairement à beaucoup d’autres.
Du coup, vous pouvez imaginer sans problème ma joie lorsqu’on m’a annoncée que la réalisatrice de Lady Bird allait faire une version avec un casting composé de deux de mes actrices préférées : Emma Watson et Saoirse (Sœurchat) Ronan. Le reste des têtes m’est rapidement apparu comme sympathique (à l’exception peut-être de l’actrice qui joue Beth, que je trouve insipide dans le rôle).
Et le film est une profonde réussite. Greta Gerwig a déjà l’intelligence de ne pas filmer bêtement et linéairement l’histoire. Nous suivons en fait Jo, jeune adulte, qui se rappelle régulièrement de souvenirs d’enfance. Gerwig met aussi en avant les difficultés pécuniaires de Meg et les aspirations maritales d’Amy, ce qui donne, avec la maladie de Beth (qui ne devait vraiment mais alors vraiment pas inspirer Gerwig) et les rêves d’indépendance de Jo, un message féministe fort. A ce montage particulier, s’ajoute des décors, des costumes et une photographie très simples mais enchanteurs.
Grewig décrit en des termes très simples, et sans faire non plus un mémoire dessus, les conditions de vie de femmes pauvres au XIXème siècle. Femmes qui cherchent par tous les moyens à s’en sortir et, parfois, à se construire une place dans un monde exclusivement masculin. Cela se voit aussi bien à travers leurs parcours que leurs partenaires : Meg trouve la simplicité et le bonheur par le mariage avec un simple instituteur (bien qu’elle craque à deux moments, parce que l’argent-ne-fait-pas-le-bonheur-mais-quand-même-ça-aide-un-peu-de-pouvoir-pleurer-dans-de-la-soie-que-dans-du-coton), Jo finit par écrire l’histoire de sa famille et par le vendre (gros parallèle avec Louisa May Alcott, l’auteur d’origine), tandis qu’elle trouve le bonheur dans un homme qui sait la stimuler intellectuellement (quoi que, vu le parallélisme, je n’ai pas compris si la fin était fantasmée pour répondre aux besoins de l’éditeur ou pas), Beth… meurt et Amy, après avoir longtemps étudié la peinture et essayé de trouver un bon parti pour elle et pour ses proches, finit par trouver l’amour dans les bras de Laurie, riche et présent aussi pour la stimuler intellectuellement.
Le discours de Jo illustre bien aussi tout ce message et je vous invite vraiment à aller voir si vous ne l’avez pas encore vu. Grewig invite à l’émancipation féminine au travers de nos choix, peu importe ce qu’ils sont. Je ne dirais pas que c’est la meilleure adaptation qui soit du livre mais c’est en tout cas l’adaptation dont nous avions besoin, notamment sur le plan féministe actuel.
Un petit défaut que j’ai relevé : les filles jouent leur version enfant… sauf qu’au début ça passe très mal puisqu’on ne voit pas des gamines qui ont entre dix et quinze ans mais des adultes immatures. Florence Pugh, notamment, malgré son incroyable talent, a une voix très grave qui fait trop adulte pour que j’arrive à croire réellement qu’elle a dix ans quand elle se fait punir à l’école. Enfin, bon, on finit par s’y faire.

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