Les Fils de l'homme, fiction d'anticipation unique

Avis sur Les Fils de l'homme

Avatar Sébastien Appéré
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Le roman « Les Fils de l'Homme » paru en 1992 a été porté à l'écran par le réalisateur mexicain Alfonso Cuaron en 2006, qui prévoit une fin de monde par chaos du à la stérilité des femmes. En effet, dans ce film, le réalisateur nous dépeint une ambiance de terreur dans un Londres futuriste en proie au chaos. La mise en scène de ce film est d'une rare maîtrise grâce à de nombreux plans particulièrement élaborés et bénéficie d'un très bon casting.

Un récit dystopique

Le film débute avec l'annonce de la mort de l'homme le plus jeune du monde : Diego, 18 ans. La nouvelle est donné par une chaîne d'info et suivit dans un bar par une vingtaine de personnes, massées devant l'écran, visiblement touchés par cette annonce. En effet « Bébé Diego », comme il était surnommé, était pour tous le symbole de la jeunesse, de l'avenir, leur propre enfant qu'ils n'ont pas pu avoir. Nous sommes à Londres, en 2027, Theo Faron y est tourmenté par son passé où il a perdu son enfant. Il éprouve des regrets et ne trouve pas de but dans sa vie car ce monde n'aspire à aucun avenir pour lui comme pour tous ses concitoyens. Alors qu'il prend un jour de repos, il se fait enlever par un groupe terroriste dirigé par son ex-femme qui va lui demander de jouer de ses relations afin de l'aider dans sa quête.

Nous nous retrouvons embarqués dans ce monde où le terrorisme règne, au travers de Theo Faron que nous suivront tout au long de ce voyage. De très rare fois seulement la caméra ne suit pas son aventure. Nous sommes donc pleinement captivés par les scènes d'actions, qui sont omniprésentes et le suspense inarrêtable.

Notre héros rend fréquemment visite à Jasper dont la maison au milieu des bois, est un véritable havre de paix. Un lieu indispensable à notre héros qui lui permet de se ressourcer et d'oublier un instant l'enfer dans lequel il vit. La relation qu'il entretien avec Jasper va au delà de l'amitié, ce dernier est un peu comme un membre de sa famille. Des personnages résolument tournés vers le passé car il n'y a pas d'avenir pour eux.

Ce film est également marquant par le nombre incalculable de plans séquence qui nous tiennent en haleine et rendent l'action plus réelle que jamais. Nous nous retrouvons immergé dans ce scénario haletant.

Des plans séquence à couper le souffle

D'innombrables plans séquence tiennent le spectateur en haleine durant le film et évite toute longueur. Ces plans séquence offrent à la mise en scène un réalisme rare. Le réalisateur avait déjà utilisé ce procédé dans un de ces précédents court métrage (« Y tu mama tambien », 2001), le pari avait donc déjà été réalisé mais n'en était pas moins risqué. Nous retiendrons notamment la scène de l'embuscade en voiture, magistrale, ainsi que la scène de la fuite de la ferme encore plus captivante car elle nous introduit au cœur de l'intrigue.

On peut également noter que les avancés technologiques ne sont pas nombreuses, contrairement à ce que l'on peut voir habituellement dans les films de science fiction se déroulant dans un futur proche. Cette quasi absence de nouvelles technologies s'explique par le fait qu'il n'y a aucun avenir dans ce monde stérile. L'objectif de l'homme est de sans cesse se dépasser, et sans avenir cet objectif devient caduque. Certes le budget est modeste, mais le film n'aurait pas été centré sur les effets spéciaux même avec un gros budget. Alfonso Cuaron n'a pas souhaité en mettre plein la vue avec des effets spéciaux époustouflants ; il a préféré mettre en exergue l'impact de la situation sur le ressentit de la population, en la filmant fréquemment lorsque notre héros se retrouve proche d'une foule. On peut alors lire sur leur visage et leur attitude l'abandon de tout espoir.

Un casting sans faute

Clive Owen est éblouissant dans ce personnage, immense dans de très nombreuses scènes comme celle où il s'effondre à genou dans la forêt pour laisser échapper quelques larmes. Michael Caine est méconnaissable dans le rôle de Jasper, qu'il joue à la perfection. Chiwetel Ejiofor interprète bien son rôle d'organisateur dépassé par les événements mais gardant toujours son sang froid afin de prendre des décisions. Claire-Hope Ashitey est remarquable, saluons également les performances de Pam Ferris et Peter Mullan qui alimentent le réalisme du film. Tous les acteurs, en majorité britanniques, sont naturels et ne surjouent pas.

Alfonso Cuaron a su insuffler à ce film son génie visuel et imposer à la production sa propre vision du scénario. Il a également monté lui-même le film et rendu un hommage au groupe londonien Pink Floyd, saurez-vous le dénicher ?

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