Une ombre dans la nuit.

Avis sur Les Forbans de la nuit

Avatar Boubakar
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Harry Fabian est une petite frappe, ratant tout ce qu'il entreprend, et qui n'a pour soutien que sa copine, Mary Bristol, dont il va jusqu'à lui piquer de l'argent dans son sac à main. Un jour, en voyant un lutteur gréco-romain, il va vouloir monter une combine, afin de se faire enfin du fric, mais encore une fois, le plan va échouer...

J'avais vu le film il y a pas mal de temps, et avec sa superbe édition blu-ray, magnifiant le travail de Max Greene à la photo noir et blanc, j'avais oublié certaines choses, dont par exemple le rôle mineur de Gene Tierney, qui se révèlera pourtant primordial à un moment donné, le jeu tout en emphase de Richard Widmark et surtout ce climat post-guerre. Cette ambiance qui donne au film un aspect crépusculaire, sombre, comme l'est cette histoire qui est au fond celle d'un homme qui veut devenir plus grand qu'il ne l'est. Il vit de magouilles, de petits larcins, toujours dans son costume trois-pièces, pour garder la tête haute, et cette énième combine à base de lutte va être la goutte de trop dans une ambition bien importante. Mais ce qui rend le film formidable, c'est qu'il est difficile de ne pas le détester ; il fait montre d'une certaine ambition, a une grande gueule, et devient à la fin celui qu'il a toujours caché, à savoir un trouillard.

C'est un film vraiment formidable, tendu comme un fil, avec une scène très violente où deux lutteurs se battent, et je ne sais pas si c'est du chiqué, mais ce qu'on voit à l'écran est encore impressionnant de nos jours. Il y a aussi des plans saisissants sur Londres en 1950, et des vestiges des bombardements passés. Quant aux acteurs, ils sont tous formidables, en particulier Richard Widmark, passant à la fois du grand au petit, plus vicieux et margoulin que jamais, avec son fameux rire, et dont la fin le rend pathétique avec cette perpétuelle fuite qui va l'épuiser.

Son réalisateur, Jules Dassin, avait dû tourner le film à Londres en raison de ses sympathies communistes qui le menaçaient en Amérique, et ça donne un chef d'oeuvre du film noir.

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