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Le souvenir... effacé

Avis sur Les Fraises sauvages

Avatar Minizyl
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ou comment j'ai découvert Les Fraises sauvages puis les ai oubliées mais les aime pourtant tellement (***Attention, ce qui va suivre est un 3615 MaVie éhonté, avis aux amateurs de critiques objectives et de notation rationnelle, passez votre chemin***)

Lorsque j'étais plus jeune et que mon père avait encore le courage d'aller au cinéma malgré son peu d'affection pour les films d'aujourd'hui, lui qui est pourtant un ermite m'y a emmenée quelques fois. Ces têtes à têtes ont été peu nombreux, mais j'en garde des souvenirs très vifs. Après avoir cédé aux sirènes des sorties cinés de la semaine pour le pire (La vérité si je mens) et le meilleur (Festen), un jour que notre ciné habituel s'offrait une rétrospective Bergman, mon père m'a proposé de m'emmener voir un film qu'il avait beaucoup aimé étant plus jeune, Les Fraises sauvages. Je devais avoir entre 12 et 14 ans, un âge où l'on suit généralement les tendances, et j'étais assez intimidée par ce cinéma du nord, mais j'avais surtout le sentiment excitant que mon père voulait me transmettre quelque chose.

Si le nom de ce film évoque ainsi pour moi une grande part de moi-même et si les circonstances de cet évènement sont aussi limpides, il est surprenant de constater que j'ai beau me creuser les méninges, impossible de retrouver dans ma mémoire défaillante la moindre image, la moindre musique, ou le moindre petit bout d'histoire qui constituent ce film. Si j'aimais beaucoup ces rares sorties privilégiées que mon père ne réservait qu'à moi, il est étrange de constater que justement la seule fois où il a mis un point d'honneur à me faire partager ses goûts, tout souvenir s'est effacé de mon esprit. La seule chose qui m'en reste c'est d'avoir pensé que "C'était beau".

Par contre, c'est à partir de ce moment là que j'ai commencé à aller régulièrement au cinéma pour y voir de vieux films et que j'ai laissé tomber les sorties de la semaine. C'est ainsi qu'à l'époque où mes copains faisaient la grasse matinée, je me levais les samedis et dimanche matins pour découvrir, le plus souvent au pif, des merveilles comme Laura, Le Troisième Homme, 12 hommes en colère, Metropolis, Johnny Got His Gun ou Le Sceptième Sceau (que je n'ai pas oublié lui), mais aussi des lots groupés de films de Lynch (que je haime tant, je développerai un jour dans une critique si j'y arrive), Jarmusch (magnifique Dead Man), et Wong Kar-Wai (avant d'être rattrapée sur celui-là par la déferlante In the mood for love).
Sans savoir ce que ces Fraises sauvages ont fait vibrer en moi, je crois donc que c'est à elles que je dois ma maigre culture cinématographique et mon amour pour le cinéma.

Je n'ai jamais eu l'occasion de revoir ce film, ni osé provoquer le destin en m'en créant une. J'ai donc mis un 8 au pif, c'est le minimum que je peux mettre pour le rôle que je lui fais jouer dans ma vie.

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