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Les Frères Falls par Baybrick

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Si ma mémoire ne me fait pas trop de défauts, il me semble avoir connu l’existence de ce film par le top 10 de feu Bossnigger mais je dois dire que je suis pas mal déçu par ce film, beaucoup trop propre et qui rate de nombreuses occasions d’être meilleur…

Si il y’a un cap esthétique à passer du fait du très petit budget il faut quand même admettre que plus que poisseux et déprimant ce film est avant tout techniquement mal branlé. Si les séquences en appartement passent encore et que le mauvais éclairage arrive à donner une atmosphère pesante, tout ce qui est plan en extérieur de jour ou même dans l’hôpital pue la défaite. J’ai l’impression d’être devant une quelconque série médicale de bas étage et la problématique n’est pas tellement que c’est injuste de tacler un film pour son manque de budget, c’est surtout qu’il y’a un manque de talent assez flagrant et que l’on frise l’amateurisme à plusieurs reprises, d’autant plus que justement les rares effets spéciaux sont convainquants, le problème ne vient donc pas du manque de budget…
Cette mise en scène manque soit de grâce, soit de violence. Tout est quand même très policé (surtout la fin) et je n’ai que rarement l’impression de voir un film de cinéma car tout est beaucoup trop didactique et fonctionnel, on montre ce qui doit être montré, aucun travail sur le hors champ, la profondeur, l’ellipse (à part une plutôt belle vers la fin) et en cela on est plus proche d’un téléfilm que d’un film.
Et puis étant donné le sujet j’étais en droit d’attendre quelque chose de beaucoup plus dérangeant. J’ai l’impression que ça veut l’être mais en même temps ça voudrait être un peu précieux, sensible mais rien ne joue sur la rupture de ton. C’est juste le cul entre deux chaises et au final aucun réel angle ne va être privilégié et on se retrouve avec un truc tout mou et frustrant.

On va aussi se retrouver avec des séquences qui ne servent à rien et qui ne vont qu’appuyer lourdement ce qui était déjà compris avec en prime des dialogues ultra fonctionnels, nous indiquant bien qui est qui et quel est l’enjeux, alors qu’on l’a bien souvent compris au détour d’un dialogue ou d’une scène précédente. Du style cette scène dans laquelle un mec louche qu’on ne connait pas vient proposer aux frères de se faire de l’argent avec leur handicap. La séquence d’après il est dans le couloir entrain de le redire à la péripatéticienne, et on se mange un dialogue complètement artificiel nous confirmant ce qu’on a compris depuis la première scène du film : que l’héroïne vends son cul contre de l’argent. Ça ne sert tellement à rien…

C’est d’autant plus frustrant que la plupart des moments entre les siamois et ce personnage sont assez fins, simples, n’en font pas des caisses, mais tout ça n’empêche pas des nappes de pianos parfois trop envahissantes.
En fait le film gagnerait vraiment plus à ne se dérouler presque qu’en intérieur et entre les trois personnages principaux (surtout que se sont les bons acteurs du film), il n’y a pas besoin de rajouter la mère dans l’intrigue, sa seule mention suffit pour comprendre les tenants et aboutissants du récit, d’autant que ses séquences sont juste banales et toute droit sorties de n’importe quel drame qui en fait des tonnes avec des dialogues trop longs qui nous expliquent que: « alala c’était pas facile de donner naissance à des siamois… »

On n’échappe pas non plus à ces phrases fusil de Tchekhov comme j’aime à les appeler. Ces phrases tellement trop écrites et sorties dans un contexte tellement spécifique que tu sais qu’elles vont être réutilisées à la fin pour bien appuyer une symbolique. Ici en l’occurence, blablabla les siamois c’est comme un billet de deux dollars, si tu le coupe ça ne fait pas deux billets d’un dollar mais plus rien, ils sont inséparables. Devines ce qu’on te sort à la fin quand il n’en reste plus qu’un ?

Méga débile.

Bref c’est raté mais j’insiste quand même sur le fait que toutes les séquences intimistes fonctionnent donc en grande largueur le film se regarde. Il est juste très souvent parasité par des maladresses, des grossièretés, et parfois il va même jusqu’à essayer des trucs et se planter encore plus. Ainsi quand il y’a cette ellipse finale, un choix plutôt intéressant mais à l’exécution malheureusement bancale, on y décèlerait presque de la poésie si la séquence était un peu plus longue, contemplative et silencieuse…

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