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Les Galettes de Pont-Aven par Schwitz

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Joël Séria est un réalisateur que très peu de gens semblent connaître, pourtant son œuvre mériterait d'être découverte, à commencer par son film de 1971 "Mais ne nous délivrez pas du mal", qui était bien frappant, et où Séria semblait miser sur une direction artistique choquante qui n'avait pas peur d'aller presque dans le mauvais goût. Avec Les Galettes De Pont-Aven, on tient pourtant un film ouvertement différente de celui de 1971. On pourrait même penser qu'il s'agit de son exact opposé sur le plan thématique, dans la mesure où on tient ici une invitation aux plaisirs des sens et un hymne à la vie que Séria nous offre ainsi qu'une glorification du corps féminin.

Pourtant au premier abord, le fil conducteur n'a pas forcément l'air si original. Henri Serin (Jean-Pierre Marielle) est un vendeur de parapluie médiocre avec une vie morne. Sa femme et ses enfants le méprisent (On a d'ailleurs deux séquences qui racontent, de manière discrète, beaucoup de choses sur la façon dont la femme considère son mari). Heureusement, cette vie médiocre et monotone est compensée par deux passions: La peinture et le sexe. Lors d'un voyage en Bretagne, il fait la connaissance d'un couple excentrique, Emile (Bernard Fresson) et Angela (Dolores McDonough) qui vont l'aider à galvaniser son don pour la peinture et son goût prononcé pour le sexe...

Film plutôt simple et efficace sur l'itinéraire d'un homme qui est fatigué de la vie quotidienne au début du film et qui explose de bonheur à la fin, cette intrigue a déjà été utilisée de nombreuses fois avant ou après ce film, mais l'effort de Séria transmet une gaieté communicative qui rend vraiment heureux, on déguste le tout avec un grand sourire du début à la fin. La recherche du bonheur et des plaisirs basiques de la vie est ici incarnée par une mise en scène originale, notamment dans le travail de cadrage, qui semble donner à une grande partie des plans une sorte d'aspect "tableau" qui colle parfaitement avec le ton du film. La mise en scène et l'écriture élégante de Séria sont suffisamment puissantes pour empêcher le film d'être grossier, en fait tout est souvent suggéré, la suggestion c'est l'arme ultime du cinéaste pour rendre moins sauvage un film avec un thème pas forcément facile, et c'est judicieusement utilisé ici.

En gros, un film joyeux, où l'on suit les aventures d'Henri avec la Bretagne comme toile de fond d'une route parsemée de rencontres colorées. Dans le casting, quelques guests à signaler également, dont Claude Piéplu, qui fait une (trop courte) apparition en tant que barde au ménage plutôt instable. Les femmes du casting incarnent toutes des rôles de soutien à Henri pour l'aider à vivre pleinement sa passion pour la peinture et le sexe, sans pour autant être traitées comme des objets. A noter surtout la prestation de Jeanne Goupil qui compose un rôle d'une sincérité réellement touchante.

Au final, un film gai, communicatif et plein de vie, un film dont les personnages semblent pouvoir vivre éternellement, un très bon film.

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