"...Nom de Dieu d'bordel de merde! "

Avis sur Les Galettes de Pont-Aven

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Henry Serin représentant en parapluie s'ennuie dans sa petite vie étriquée de VRP de province; et ce n'est pas les quelques aventures extra-conjugales qu'il s'octroie de temps en temps sur quelques rondes et molles commerçantes qui le font rêver au Riton. Oh ça, non ! Henri c'est en artiste qu'il se voit.
Marre des pébrocks !! Lui c'est Gauguin qu'il veut être !! Cézanne !! Courbet !! Et peindre des culs, Nom de dieu d'bordel de merde ! Des culs !

Après" Charlie et ses deux nénettes " Marielle retrouve Séria, ou inversement. Ça sent bon les 70's, tout ça. Un drôle de parfum dans l'air. Quelque chose de frais nous réveille les narines. Une sensation de liberté traverse ce film. Le sentiment que l'on peut faire ce que l'on a vraiment envie de faire. Sans entraves, sans barrières, sociales, sexuelles ou familiales. Ce petit côté "Ni Dieu, ni maître", qui lui fait tout envoyer en l'air, à notre Riton. Travail, famille, patrie, allez hop, à la poubelle ! Tout ça pour suivre un joli p'tit cul de Québécoise qui lui sourit.
Cette époque bénie où tout semblait encore possible. Où filer un grand coup de pompe dans le cul de son patron, de sa femme et de ses mômes pour aller faire le peintre dans un village de Bretagne et se nourrir exclusivement de chouchen pouvait être encore envisageable.

Cet érotisme paillard et libertaire, bien de chez nous, parsème le film de ces scènes déshabillées "intelligentes". Ces dialogues mémorables et travaillés à la perfection par la patte grivoise de ce Michel Audiard libertin, de cet Antoine Blondin de la fesse molle qu'est Seria, font encore mouche quarante ans plus tard.
Interprété avec tout le génie de Marielle, pouvant transformer les phrases les plus salaces en véritable poème courtois....Rhââ Ton Cul !....TON CUL !!...NOM DE DIEU D' BORDEL DE MERDE ! ! !

" Rhô.. Nom de dieu d'bordel de merde! " : C'est bien la clé de l'oeuvre cette phrase !!
Ce sera donc par cette petite phrase très expressive et pleine d'emphase, qu' Henri Serin (..Comme un s'rin !) renaîtra à la vie et oubliera un peu son existence monotone. C'est bien par cette expression outrancière qu'il se régénère le Riton. Mais il ne la sort pas n'importe quand sa jolie petite phrase.
Bien avant la peinture, bien avant les potes, le chouchen ou sa propre liberté, y a un truc qui le remet d'aplomb au Riton. Qui lui règle les thermostats. Qui lui ré-aimante la boussole. Riton c'qui lui refile le sourire, c'est avant tout : UN CUL !
Un beau, un généreux, un souriant, un superbe cul. Voilà ce qui le fait avancer au Riton, ce qui le maintient en vie.
Elle est là sa créativité, sa folie. Il est là son Bonheur. Elle est là sa douleur.

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