Nos jours malheureux

Avis sur Les Hauts Murs

Avatar HomoFestivus
Critique publiée par le

Je n'avais jamais entendu parler de ce film jusqu'au jour où je l'ai vu dans les rayonnages de mon magasin de DVD préféré (le seul à des kilomètres, en fait).
Intriguée par la couverture et cette sombre promesse : "Les enfants ne naissent pas criminels", je plonge dans la thématique "Les Choristes", sans les chants ni l'espoir d'une adoption réussie.

Yves est un orphelin de 14 ans, Papa est mort à Verdun, il atterrit donc après une ouverture qui ressemble fort à la scène finale des "400 coups" dans une maison de redressement, une prison pour enfants, et il en prend pour 7 ans (la majorité était encore à 21 ans dans les années 30).

Là, il va découvrir les brimades interadolescentes, les vulgarités des matons qui boivent pour supporter l'ambiance délétère, la femme du directeur qui porte des jarretelles, les mamans qui abandonnent leur garçon en pensant naïvement le mettre en pension.
Seule issue : travailler comme un forçat pour ne pas en devenir un.
Le bagne comme menace ultime, avec l'avertissement cachot et coups de ceinture pour dissuader les velléités de fuite.

Tout le monde est en dépression, la nourriture est infâme, les camarades cruels, la loi du silence souveraine.
Ce n'est pas drôle et c'est arrivé près de chez vous.
François Damiens éructe dans son rôle de brute cogneuse, c'est bien la première fois qu'il ne me fait pas rire celui-là. Même dans "La Délicatesse", rien que de voir sa tête chafouine et contrariée j'avais les zygomatiques en émoi.

Sinon, je me suis ennuyée, mais ennuyée, mais ennuyée !
Il ne se passe strictement rien passée la découverte du centre à travers les yeux du noob, et le rythme est atrocement lent.
Aucune variété de ton ni de couleur, on plonge dans la déshérence où ces jeunes hommes végètent en attendant de franchir éventuellement les hauts murs lorsque l'administration ou les familles en auront décidé ainsi.
On mate ce qu'on peut mater, les religieuses sont l'objet de tous les fantasmes.
Le temps est mis sur pause, et un abruti a perdu la télécommande.

Le problème, c'est que lorsque enfin il va se passer quelque chose, d'abord on ne peut pas l'ignorer tellement les ficelles pour l'annoncer sont grossières, et ensuite... il ne se passe rien non plus !
La tension dramatique est au plus bas, les événements qui auraient pu rendre l'histoire enfin vivante (façon de parler) restent désespérément plats et ternes.

Sur les dernières minutes, on a même l'impression que les acteurs tournent au ralenti, alors qu'ils sont censés s'activer et lutter dans un contre la montre haletant.

Ce film m'a considérablement amollie, j'ai eu l'envie subite de fuir les années 30, de quitter la colo de la peur et de retrouver ce bon vieux XXI° siècle colorisé et trépidant.

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